Dimanche 13 juillet 2008
J'ai presque honte de le dire, mais j'ai lu ce livre pour le Club des Théières du mois de juin. Enfin,
j'avais prévu de lire ce livre pour le 20 juin, quoi. Et je le finis seulement. Oui oui, nous sommes presque à la mi-juillet, moi non plus je n'en reviens pas! Donc encore
une fois je suis à la bourre et ce n'est rien de le dire! Le titre de ce billet, une phrase qui revient souvent dans le roman, tombe donc pile poil! :D
Pour rappel, le thème du dernier club des Théières était "les figures géométriques" et on se demande pourquoi vu
la latitude que se sont donnée les théières (voir les liens vers leurs billets à la fin de celui-ci)... A part Emeraude et à la rigueur, on ne peut pas dire que nous ayons été extrêmement
pointilleuses dans nos choix de lectures... Moi-même j'ai sauté sur un nom d'auteur dans le thème (sur une idée origéniale de Tamara, rendons-lui ce qui lui appartient!) en me saisissant de
ce Le Carré dans ma PAL...
Enfin, je vais quand même finir par vous parler de La Maison Russie, ma première expérience de roman
d'espionnage, plutôt encourageante je dois dire, ne vous fiez pas au temps de lecture!!
L'histoire se passe pendant la période de la glasnost (en russe, la traduction littérale est
"possibilité de parler"... C'est une politique de transparence en somme) mise en place par Gorbatchev en 1985 pour mettre la pression sur les conservateurs du parti qui étaient opposés à sa
politique de restructuration économique (Perestroïka). A cette époque, des échanges est-ouest se développent dans une ambiance pseudo-cordiale mais les espions sont
partout des deux côtés. En témoigne le récit que voilà...
Barley, un éditeur anglais plutôt médiocre, reçoit lors d'une foire du livre à Moscou et via différents
intermédiaires 3 carnets couverts de signes cyrilliques et anglais et une lettre. Celle-ci l'enjoint, en vertu d'une promesse ancienne, de publier le contenu de ces carnets qui mettra enfin
un terme aux mensonges du gouvernement soviétique. Car ces carnets ne révèlent ni plus ni moins que l'URSS est à la bourre dans la course aux armements et est
beaucoup moins avancée que ce qu'elle veut bien laisser croire...
Seulement, dans leur route jusqu'à Barley, ces carnets sont interceptés par les Services secrets anglais - et
plus particulièrement par la Maison Russie (le service consacré au bloc soviétique) - et les intéressent au plus haut point. Qui est la source? Doit-on accorder du crédit à ces révélations?
Est-ce un piège du gouvernement soviétique? Pour le savoir, ils vont recruter Barley sur cette mission (il deviendra un Joe, comme on dit dans le langage
consacré).
J'ai beaucoup aimé ce livre pour plusieurs raisons :
- il n'est pas "tape-à-l'oeil" : ici, pas de "Boum!" ni de "Paf!" ou encore de "Pan! Pan!". Tout est dans le
discours, le sang-froid, certes, mais jamais avec une menace physique, une séquestration ou autre. Et cela correspond nettement mieux à l'image que je me fais du "vrai" espionnage que ce
qu'on peut voir dans les James Bond, donc déjà j'aime bien!
- les personnages sont humains : ils ont des faiblesses, de l'amour-propre, ils tombent amoureux, se posent des
questions, retournent leur veste quand le vent tourne... Même les personnages qui suivent un idéal tolèrent certaines variations, s'arrangent avec les circonstances... Je les ai tous trouvés
très crédibles.
- j'ai compris l'histoire! ^_^ Ben oui, quand même, je vous avoue que j'ai eu un peu peur au début de ne pas
suivre sur le côté géopolitique : les rapports est-ouest à la fin de la guerre froide, ça m'aurait peut-être évoqué quelque chose en terminale (il y a presque 10 ans!! oh là là!), mais là, je
sors mon joker! Hé bien, voyez-vous, Le Carré rend la chose relativement évidente et claire.
- j'ai découvert l'univers de l'espionnage du milieu des années 80. Je ne sais pas ce que ça vaut aujourd'hui,
mais Le Carré a tout de même été lui-même espion quelques années avant d'écrire à ce sujet (pour la petite histoire, sa carrière au sein du service de renseignement Britannique prit fin après
que sa couverture fut compromise par un agent double œuvrant pour le KGB). Le vocabulaire employé, les moyens qu'ils avaient à leur disposition, les évictions et mises au placard, l'affichage
officiel versatile... j'ai découvert tout cela avec intérêt et parfois, je dois avouer, avec un étonnement naïf.
Voilà, donc pour toutes ces raisons c'est un roman que j'ai vraiment bien aimé (sans l'avoir trouvé
révolutionnaire, entendons-nous!) et je pense que je ferai de nouveau confiance à Le Carré pour lire un autre roman d'espionnage!
Un petit extrait qui donne le ton :
"Ned lui tendit une liste des divers contacts de Barley dressée par Walter avant
son éviction, à partir des interceptions et du rapport de filature. Mary pouvait-elle les mettre sur écoute au plus vite, enfin, tout de suite?
Non, Mary ne pouvait vraiment pas.
- Contourner un peu le règlement est une chose, Ned, mais mettre sur écoute
illégale une douzaine de lignes en est une autre. Vous le savez très bien n'est-ce pas?
(...)
Théoriquement, les autorisations d'écoute téléphoniques sont signées par le
ministre de l'Intérieur, ou à défaut par son secrétaire d'Etat. Mais il y a une combine, car le ministre a donné pouvoir au conseiller juridique uniquement en cas d'urgence, et à la condition
qu'il justifie son acte dans les vingt-quatre heures. Je griffonai l'autorisation, la signai, éteignis le gaz - je faisais bouillir des choux de Bruxelles -, m'engouffrai dans un taxi, et
tendis l'autorisation à Mary vingt minutes plus tard. En une heure, les télephones des douze contacts de Barley étaient sur écoute."
Et voilà! Trop facile l'espionnage! :)
par Le club des théières
publié dans :
Formes géométriques
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Voici notre cher Dexter -
expert judiciaire de la police de Miami le jour, tueur en série la nuit - doublement menacé. D'un côté le sergent Doakes, insensible à son apparence de gentleman, traque le "Passager Noir", l'autre
moi sanguinaire et justicier de Dexter. De l'autre, un psychopathe particulièrement pervers laisse Dexter sans voix alors que son appétit meurtrier se réveille. Lequel de ces monstres rattrapera
l'autre le premier?
Blablabla