Mercredi 20 février 2008
Reine de France

Royaume de France, début du XIIème siècle. Loanna de Grimwald, descendante de
Merlin, magicienne et séduisante, a été formée depuis sa plus tendre enfance à une seule mission : assurer le mariage d'Aliénor, duchesse d'Aquitaine, et d'Henri de Plantagenêt, duc de
Normandie et d'Anjou, futur roi d'Angleterre. Entrée à 16 ans au service d'Aliénor, qui a sensiblement le même âge, la jeune femme fera tout pour remplir sa tâche, quels que soient les
moyens qu'elle doive employer...Pour la quatrième réunion du Club des Théières (qui se tenait hier), nous avions choisi de lire un roman historique, chers happy few, et il se trouve que ce Lit d'Aliénor (acquis pour une somme tellement dérisoire que je ne peux vous la révéler, dans un vide-grenier lot-et-garonnais), était ce qui ressemblait le plus à un roman historique dans ma très haute PAL (car même si mes élèves croient que Le clan des Otori est un roman historique, je crains bien que les autres Théières, elles, soient moins crédules et qu'elles n'aient vite repéré l'imposture...). Je me suis donc plongée dans ces deux tomes, qui ma foi, se lisent sans déplaisir. Le style est parfois un peu drôlatique à son insu quand nous avons droit à quelques envolées lyriques déplacées, quelques remarques sur la puissance de Merlin et le rapport de Loanna avec la nature ou quelques incongruités lexicales (on apprend par exemple qu'Henri "porte le sourcil roux et broussailleux", ou que le palais d'Antioche "est sublime de colonnes de marbre", ce qui m'a personnellement fait rire). L'histoire est assez bien construite, même si certains épisodes ne servent pas à grand-chose, notamment les atermoiements amoureux de Loanna (qui porte quand même un prénom difficile, la pauvre) vis-à-vis de Jaufré, qui, pauvre âme, n'en demandait pas tant. Il y a aussi quelques clichés de ci de là (que serait ce genre de roman sans les obligatoires hommages à Lesbos ?) et quelques ressemblances avec d'autres sagas (notamment Angélique mais je ne me lancerai pas dans le sujet, chers happy few, je vous rassure) et des passages obligés à tout roman historique : galipettes et scènes de guerre, embuscades et meurtres...
Et la grande Histoire là-dedans, me direz-vous ? Eh bien, je ne suis guère ferrée en Histoire, chers happy few, (même si l'Histoire médiévale est celle que je préfère) mais je n'ai relevé aucune faute énorme, que ce soit dans la chronologie comme dans les événements racontés. Mireille Calmel s'est habilement servie des événements historiques que nous connaissons et leur a donné d'autres causes, comme par exemple le fait que Louis VII et Aliénor n'aient eu que des filles (et deux uniquement) en 15 ans de mariage alors qu'elle donnera 8 enfants à Henri II en 13 ans dont de nombreux garçons. Elle a réutilisé des détails comme le vase offert par Aliénor à son royal époux, la mort du père d'Aliénor lors d'un pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle, la supposée liaison d'Aliénor avec son oncle, Raymond d'Antioche ou la présence de Jaufré Rudel le troubadour lors de la deuxième Croisade afin d'asseoir son récit (elle fait même de Jaufré un personnage important), ce qui est plutôt malin.
Un roman historique qui se lit agréablement donc, chers happy few, même s'il ne restera pas dans les annales (enfin, en tout cas, pas dans les miennes)!
Mireille Calmel, Le lit d'Aliénor, 2 volumes, Pocket
par Le club des théières
publié dans :
Roman historique
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander





Blablabla