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  • : Tout est partie d'une drôle d'idée.... Celle de réunir un certain nombre, voire un nombre certain de LCA parisiennes autour d'une tasse de thé et de livres. Et voilà le résultat! Des livres qui se baladent, des gâteaux à gogo, des théières sans fonds et des notes de lecture à foison!
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Le prochain club nous verra fêter le premier anniversaire des Théières!! Quel autre thème pouvait être choisi que celui de l'Anniversaire??

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Mercredi 5 novembre 2008
Le club des théières fête ce mois-ci sa première année d'existence. Ainsi avons-nous choisi (pour ne pas dire imposer) le thème Anniversaire pour la session d'octobre (qui s'est d'ailleurs déroulé en novembre...)
Pour ma part, j'ai choisi de lire Le grand sommeil de Raymond Chandler. En effet, Folio Policier fête cette année dignement ses 10 ans et a, exprès pour l'occasion, édité des titres épuisés avec en prime le DVD de l'adaptation cinématographique.

J'ai donc lu le livre pour m'empresser de visionner le film.

Et si je vais vous parler de la différence qui m'a frappé entre le roman et le film, je vais déjà vous dire que j'ai largement préféré voir Philipp Marlowe en Humphrey Bogart que de lire ses aventures...

Philipp Marlowe est détective privé. Il est engagé par le général Sternwood, vieux milliardaire, père de deux filles d'une vingtaine d'années. Initialement, Sternwood demande à Marlowe d'enquêter sur des reçus qu'a signé une des deux filles. Reçus qui ne sont autre que des dettes.
Mais comme on peut s'y attendre, plein de choses viennent s'ajouter à cela. Les deux femmes. Carmen, celle qui a signé les chèques et qui est un peu folle, naïve ou tout le temps drogué, on ne sait pas trop. Et Viivan, plus posée qui prendra soin de sa petite soeur.
Et puis il y a un meurtre, un homme qui fait du trafic de livres pornographiques, le chauffeur des Sternwood retrouvé mort au volant de sa voiture au fond de l'eau et j'en passe...

Pour ce qui est du roman lui même, je l'ai trouvé assez sympathique mais sans avoir eu un réel coup de coeur. Marlowe prend la parole et plus on avance dans le temps, plus ça devient compliqué. Mais au travers de son héros, Raymond Chandler nous donne deux voire trois fois l'explication de la chose, ce qui nous permet de refermer le livre assez satisfait.

Ma curiosité étant ce qu'elle est, j'ai tout de suite mis le film en marche après avoir tourné la dernière page.
J'ai eu très peur car les premières scènes sont identiques à celles du livre, au dialogue près. Et au fur et à mesure que l'intrigue avance, on se rend compte que le réalisateur a pris une grande liberté. Pourquoi ? Pour Humphrey Bogart et Lauren Baccall je suppose.
Cette dernière joue le rôle de Vivian, rôle beaucoup plus important dans le film que dans le livre. Et le détective est bien plus séducteur dans le film que dans le livre (mais on ne pourra pas reprocher cela à Humphrey Bogart!)

Même la fin est différente ! Bien sûr, l'élément clé est le même, mais le tout ne se déroule pas de la même manière, ni au même endroit. La femme qui dans le livre aide Marlowe à s'échapper apparaît étrangement sous les traits de Vivian Sternwood/Lauren Baccall dans le film, alors que c'est une toute autre personne dans le livre.

Après être allée voir Blindness, je me demandais ce qu'on recherchait dans une adaptation. Je n'ai toujours pas la réponse à cette question, mais je sais que pour ce titre en particulier, j'ai largement préféré le film. Parce qu'il a réellement été adapté aux besoin de l'écran, avec de la séduction et de l'amour, et que les rôles ont aussi été adaptés pour les acteurs, un couple mythique.
Du coup, la magie opère bien plus à l'écran qu'au travers des pages, même si le roman reste sympa à lire !
par Le club des théières publié dans : Anniversaire
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Mercredi 5 novembre 2008

Ce dimanche, le Club des Théières s’est réuni pour la première fois chez moi ! 13 personnes, 1 seul homme (le courageux Yohan), 2 petites nouvelles, mais surtout 1 an d’existence du club ! En l’honneur de cette première année pleine de lectures et gourmandises, le thème choisi pour cette rencontre était « Anniversaire ». (Oui, je sais, nous avons fait preuve d’une grande originalité sur ce coup-là !)

Les uns et les autres ont fait preuve d’imagination pour trouver un livre collant à ce thème : un titre contenant anniversaire ou birthday, ou une allusion à un anniversaire (bicentenaire ou noces de chêne, par exemple), quelques-unes ont lu un roman de la collection Folio Policier qui fête ses 10 ans, etc. Tamara est allée encore plus loin car elle nous a présenté un livre reçu dans le cadre du Lotobook et le Lotobook, c’était il y a… un an ! (Bravo, Tamara, je trouve l’idée géniale !) Pour ma part, j’ai choisi un livre qui m’a été offert lors de mon anniversaire, en mars dernier, par Fashion Victim !

Le Cavalier suédois
Leo Perutz

Le jeune Christian von Tornefeld, déserteur, fait route avec un voleur, surnommé Piège-à-Poules. Christian espère arriver chez son parrain afin que celui lui offre un logis, de la nourriture, de beaux habits et de l’argent. Parti en éclaireur, le voleur découvre que ce parrain est mort, laissant sa fille - une très belle jeune femme - seule, une proie si facile pour un vil intendant, pour des serviteurs malhonnêtes et pour un parrain très… intéressé. Le voleur va tomber sous le charme de cette jeune femme. Amoureux fou, il va alors tenter l’impossible : se faire passer pour Christian von Tornefeld, amour de jeunesse de la belle Maria Agneta.

Dans ce roman, il est donc question et d’amour et de substitution d’identité. Car c’est pour la belle Maria Agneta que le voleur enverra le jeune et fat Christian von Tornefeld aux forges de l’evêque, où il devait se rendre lui-même, et prendra la place à laquelle Christian aurait pu prétendre dans le coeur de son amour de jeunesse. Ce voleur va faire preuve de beaucoup de volonté, de tenacité, de ruse et d’intelligence pour arriver à ses fins. Et je dois dire que j’ai suivi avec un réel intérêt ses différentes aventures.

Ce roman a un vrai charme : bien qu’écrit au vingtième siècle (1980 pour l’édition allemande), le langage est d’époque (début du 18ème siècle) et j’imaginais très bien - malgré l’image de la couverture de l’édition Phébus libretto - les personnages avec de grandes capes, de grands chapeaux et des bottes ayant vécu !

Ce fut donc une belle découverte, au charme suranné, surtout pour moi qui n’y connais pas grand chose (je crois même pouvoir dire rien !) à la littérature allemande ! Et c’est une lecture qui me donne envie de me replonger à l’époque des romans de capes et d’épées, et notamment dans les romans d’Alexandre Dumas !

D’autres avis sur la blogosphère : Fashion Victim (encore merci pour cette découverte !), Emeraude, Kalistina, Katell.

PS : Je me demande si je ne peux pas considérer ce livre comme un Fashion’s Klassik ? Oui, car la fin de l’année approche à grands pas et mon challenge n’avance PAS DU TOUT ! Quelle honte ! :-D

par Le club des théières publié dans : Anniversaire
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Mercredi 5 novembre 2008

Un an déjà!! L'occasion pour les membres du club, anciens, nouveaux et un peu moins nouveaux de se réunir autour d'un brunch aux couleurs d'halloween pour fêter l'anniversaire du Club des Theières avec le thème ô combien orginal de l'anniversaire. Sachez que la lutte a été horrible, atroce. Chacun de nous a lutté à mort avec PAL et librairies pour trouver LE titre qui parlerait d'anniversaire!! Sachant que les auteurs nés ou morts en novembre n'avaient rien de très glamour. Mais bon, les résultats sont à la hauteur des habitudes! Quelques uns ont joué selon les règles, d'autres... le premier anniversaire du lotobook... le livre offert à mon anniversaire... j'ai pas fait mes devoirs... Ce fut un bon moment partagé!! Les comptes-rendus de nos lectures arrivent aussi!

par Le club des théières publié dans : Anniversaire
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Mardi 30 septembre 2008
Pour cette rentrée, les théières avaient choisi de lire quelque chose en rapport avec un phénomène météorologique... Pour ma part, je suis ressortie de ma PAL tout ébouriffée mais victorieuse en brandissant le seul et unique livre qui collait avec ce thème : Neige, d'Orhan Pamuk.

Ce livre, j'en avais entendu parler lors de sa parution en France en 2005, ou plus exactement lorsqu'il avait reçu le Prix Médicis Etanger. Le Prix Nobel de Littérature avait été attribué l'année suivante à Orhan Pamuk « qui, à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale [Istanbul], a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures ». Bref, j'avais entendu pas mal de bien de ce livre sans me rappeler toutefois en quels termes, et c'est donc sans aucune hésitation que j'en faisais l'acquisition lorsque je tombais sur cet exemplaire presque neuf pour 2 euros dans une brocante alsacienne...

Et j'ai été un peu déçue. Je ne sais pas à quoi je m'attendais exactement. A une langue poétique peut-être, à quelque chose de très beau assurément. Et ce n'est pas ce que j'ai trouvé dans ce roman de presque 500 pages, que j'ai mis énormément de temps à terminer. Mais je l'ai fini à temps pour le Club des Théières, ("pour une fois", entends-je les mauvaises langues dire dans le fond)!

Quelques mots sur l'histoire : Ka (de son vrai nom Kerim Alakusoglu, mais il préfère qu'on l'appelle Ka, ça tombe rudement bien!) est un poète turc, exilé en Allemagne pour des raisons politiques, et qui se rend dans la petite ville de Kars (loin à l'Est de la Turquie) en tant que journaliste pour enquêter sur des cas de suicides de jeunes filles voilées et couvrir les élections municipales toutes proches. Sous cette couverture, il vient surtout dans l'espoir de conquérir Ipek, une ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée de Muhtar (un ex-militant de gauche devenu chef du parti islamiste de la ville sur le point d'être élu maire). Seulement voilà, il neige et neige tellement que Ka et l'ensemble des habitants de Kars se retrouvent coincés pendant 3 jours dans la ville alors que des militaires anti-islamistes prennent le pouvoir par les armes. Entre tractations politiques, inspiration subite (Ka, qui a perdu son inspiration depuis quelques années écrira en effet pendant ces 3 jours à Kars tout un recueil de poèmes, qu'on ne lira d'ailleurs jamais), histoires d'amour et neige (qui se dit "kar" en turc, comme de par hasard), Ka vivra ce séjour comme dans le brouillard avant que les choses ne rentrent dans l'ordre.

L'histoire est raconté par un certain Orhan, ami écrivain du poète Ka qui reviendra sur ses pas 4 ans après son séjour à Kars. Ce narrateur se fait généralement oublier, ressemblant le plus souvent à un narrateur omniscient classique. Toutefois vers la fin il prend plus d'importance et je dois avouer que je suis allée vérifier sur le net si Neige était partiellement autobiographique ou pas... (la réponse est non). La neige y est sans cesse présente et soulignée, de sorte qu'à force de tout ce blanc, de tous ces sons assourdis et absorbés, de la mauvaise visibilité, j'ai été très souvent surprise de me rendre compte qu'on était à tel ou tel moment de la journée...

D'abord j'ai été déconcertée par le style. Au bout d'une cinquantaine de pages (je ne sais pas exactement en fait, mais pas "juste un peu") j'ai fini par m'y habituer, mais au départ j'avais sans cesse à l'esprit "Ca doit venir de la langue turque". Je ne sais pas dire précisément ce qui dans le style me paraissait bizarre, mais je crois que les phrases sont assez longues et surtout disent les choses dans un ordre tel que ça m'a perturbée. Bon. Là je pense qu'il est fort possible que je sois passée à côté de quelque chose...

Ensuite il y a le personnage principal... Il faut dire que ce Ka est un anti-héros assez édifiant! Il est couard, mou, impressionnable, sans cesse angoissé par l'idée de savoir s'il sera, ou pourrait être, ou est présentement heureux et incapable de profiter de l'instant pésent... Je sais, ce n'est qu'un personnage, et finalement, tout cela en fait une personnalité complexe d'autant mieux décrite par Orhan Pamuk qu'à plusieurs reprises il m'a franchement agacée (!). M'enfin, ça n'aide pas à rester concentrée sur son histoire à Kars, qui avance au rythme de ce qui veut bien lui arriver (et il lui en arrive des choses tout de même), il se laisse porter, et fait tout de même parfois quelques (mauvais) choix. Le fait que certains personnages aient de la considération pour lui reste de mon point de vue un grand mystère, mais bon, soit.

En revanche face à cela il y a un très gros point positif à ce roman, même si je pense que je n'ai pas bien su l'exploiter : c'est tout ce que dépeint Orhan Pamuk de questions de fond pour la société turque et aussi pour la nôtre. En effet, ce livre est essentiellement basé autour de deux "oppositions" : occidentaux (auquel est assimilé Ka en tant que citadin, il est d'origine stanbouliote, mais surtout d'exilé en Europe) face aux Turcs, et croyants face aux athées et/ou militaires. Cela donne lieu à de passionnants débats, discussions ou discours rhétoriques de toutes les parties sur le port du voile et la laïcité, la vision qu'ont les européens des turcs et vice-versa, la liberté d'expression, etc. Plusieurs passages aident vraiment à comprendre la tension qui peut exister sur certains sujets. Notamment, au sujet du port du voile, je décerne la palme à un chapitre qui retranscrit l'enregistrement d'une discussion entre le directeur d'une école interdisant le port du voile à ses élèves et un jeune islamiste qui finira par le tuer : la discussion qui démarre très ouvertement et sur des bases de débat, la tension qui naît peu à peu, l'agressivité de l'islamiste qui s'intercale sans arrêt avec des excuses et des politesses (cela donne un jonglage entre tutoiement et vouvoiement assez oppressant), et ce combat rhétorique mené jusqu'au bout, tout ça m'a vraiment mise mal à l'aise. C'est la scène la plus réussie du livre à mon avis, même s'il y en a d'autres.

Et puis il y a aussi des références aux Arméniens : même si on ne va pas dans les détails (donc on ne comprend pas forcément tout si on ne connaît pas l'histoire du génocide arménien, ce qui est presque mon cas, je sais juste qu'il a existé), on sent que c'est un sujet qui lui tient à coeur. Et en effet, voilà ce que dit Wikipédia : "Au début 2005, Orhan Pamuk a fait l’objet de menaces sérieuses contre sa vie pour avoir admis dans une interview à un journal suisse, qu'entre 1915 et 1917, « un million d'Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire ». Ces déclarations avaient provoqué de vives réactions dans l'opinion publique turque et avaient été jugées contraires à l'intérêt national. "

Donc voilà, je pense pouvoir affirmer que je suis allègrement passée à côté de ce roman. Dommage, j'essaierai peut-être un autre roman de Pamuk mais en faisant plus attention avant de le choisir! (Si vous avez des conseils, d'ailleurs... ^_^)

Un petit extrait, p. 328 :
"Nous sommes tous pauvres et sans importance, tout le problème est là, dit Fazil avec une étrange hargne. Notre vie misérable n'a aucune place dans l'histoire de l'humanité. Pour finir, nous tous qui vivons dans cette misérable ville de Kars, eh bien nous crèverons et nous disparaîtrons. Personne ne se souviendra de nous, personne ne s'intéressera à nous. Nous resterons des personnes insignifiantes qui s'égorgent les unes les autres pour des histoires de voile, qui s'étouffent dans leurs propres petites et stupides rivalités. Tout le monde nous oubliera. Voyant que nous passerons et quitterons ce monde sans laisser de traces, après avoir eu des vies aussi débiles, je réalise avec rage qu'il n'y a rien d'autre que l'amour dans la vie. Alors, mon sentiment pour Kadife et l'évidence que la seule consolation possible dans ce monde est de la prendre dans mes bras me font encore plus souffrir ; et elle ne quitte pas mon esprit.
- Je vois, ce sont là des pensées dignes d'un athée", dit Ka sans aucune pitié.
par Le club des théières publié dans : Phénomène météorologique
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