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  • : Tout est partie d'une drôle d'idée.... Celle de réunir un certain nombre, voire un nombre certain de LCA parisiennes autour d'une tasse de thé et de livres. Et voilà le résultat! Des livres qui se baladent, des gâteaux à gogo, des théières sans fonds et des notes de lecture à foison!
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Le prochain club nous verra fêter le premier anniversaire des Théières!! Quel autre thème pouvait être choisi que celui de l'Anniversaire??

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Mercredi 14 novembre 2007

Confrontée à une dramatique question de choix pour le club des théières, j’ai finalement jeté mon dévolu sur un recueil de nouvelles. Mais pas n’importe quelles nouvelles ! Non, non ! Des nouvelles culinaires !! Oui, cela existe ! C’est ce que nous offre Bulbul Sharma dans La colère des aubergines : une série de nouvelles, les recettes que cuisinait sa grand-mère Dida et quelques uns de son cru. Dans un très bel avant-propos, elle raconte cette petite femme en sari blanc de veuve qui cuisinait chaque jour pour toute sa famille ce qu’elle-même ne touchait pas. Un beau personnage de femme cette Dida, réfugiée dans une cuisine devenue sanctuaire, avec des mots que les grands-mères utilisent presque universellement à mon avis : « Mange… mange, tu es tellement maigre. » Moi ce n’est pas pour le chou-fleur aux cinq épices mais pour le couscous. Ceci dit le résultat est le même !
 
En douze nouvelles Bulbul Sharma présente tout un univers de femmes indiennes. Des femmes très différentes les unes des autres. Des veuves, des jeunes mariées, des vieilles femmes, des mères. Des hommes aussi, toujours un peu lâches, un peu veules, un peu perdus. Car les femmes chez Bulbul Sharma sont fortes. Ce qui ne les empêche pas d’être aussi, parfois, ridicules ! Il n’est que de voir cette riche femme qui tente à tout prix de maigrir sous le regard narquois et désespéré de ses domestiques. Ou cette veuve au crépuscule de sa vie qui court après le prêtre susceptible de manger le repas cérémoniel préparé pour les mânes de son défunt époux : « Bien que pour ma grand-mère l’acte de nourrir le prêtre, qui lui vaudrait un bonus important au plan d’épargne mérite géré par le ciel, fût au cœur de la cérémonie, elle n’avait trouvé en dix ans aucun ministre du culte à la hauteur de ses talents culinaires. »
 En tout cas, elles savent mener leur monde.
Bien sûr tout n’est pas toujours rose pour ces femmes. La cuisine, les femmes, la maison et la famille sont au centre des récits, mais des femmes qui ont des statuts divers, des destins divers. Certaines sont soumises à la tradition et en souffrent essaient de se libérer ou le refusent, d’autres se sont libérées et en souffrent aussi. Bulbul Sharma montre bien qu’entre tradition et « modernité », le choix n’est pas simple et que les conséquences de ce choix peuvent être lourdes à porter.
En tout cas, avec ces nouvelles, on prend la mesure du rôle central que joue la nourriture dans la culture indienne. Tous les événements sont prétextes à banquets. Enterrements, cérémonies religieuses, mariages. Les familles se livrent même parfois à de véritables compétitions, laissant leurs invités à deux doigts de l’explosion. Les repas sont des sources infinies de discussion, de comparaison, voire de lutte ! Pour savoir qui, de la belle-mère ou de la bru est la plus à même à prendre soin de l’homme.
Ces nouvelles sont très souvent drôles, parfois tristes, toujours savoureuses. Des tranches de vie indienne sont offertes. Et de très beaux personnages. Dida, Buaji, Maaji, Mani et les autres ne me quitteront pas de sitôt ! Et pour une bonne raison puisque La colère des aubergines va trouver sa place parmi mes livres de cuisine !
On trouve à la fin de chaque histoire de magnifiques recettes avec les tours de main de l’auteur. Un lexique en fin d’ouvrage permet de se retrouver dans tous les termes hindis. Tout au long des pages on salive, on sent les odeurs et on voit les couleurs de l’Inde dans toute leur diversité.
 
Une belle lecture.
par Le club des théières publié dans : La cuisine
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Mercredi 14 novembre 2007


Couverture :

" Ce soir-là, l'odeur du crocodile â la sauce tchobi et d'une purée de mangues sur toast charrie les légendes africaines. C'est l'odeur du vent des forêts, lorsque les esprits volettent de branche en branche et perturbent le sommeil des hommes... " Mademoiselle Aïssatou est amoureuse d'un Malien pure souche, célibataire et manutentionnaire. Souleymane Bolobolo vit avec sa mère qui a une poule pour animal de compagnie. Et pour séduire cet homme, il ne suffit pas d'être une " femme flamme " et de lui refiler un tendre baiser, il faut aussi les senteurs tropicales qui captivent. Mangue sauvage, marinade d'épices et pépé-soupe de poissons...
Voilà de quoi déclencher torrents d'extase et excès sensuels. Mieux que les contes de Schéhérazade, Calixthe Belaya a ses philtres suaves et autres poudres magiques pour ensorceler " l'autre ".. Mangue sauvage, marinade d'épices et pépé-soupe de poissons... Voilà de quoi déclencher torrents d'extase et excès sensuels.
Mieux que les contes de Schéhérazade, Calixthe Belaya a ses philtres suaves et autres poudres magiques pour ensorceler " l'autre "...

Mon avis :
Mademoiselle Aïssatou séduit son malien en 17 chapitres qui se terminent tous par une ou plusieurs recettes. C'est certainement là l'une des plus grande originalité de ce livre. Les recettes sont difficilement toutes faisables à Paris (quoique peut être est il possible de trouver du singe, du boa!)
Il est intéressant de découvrir la réflexion de l'héroïne sur son européenisation, et peu à peu son retour aux sources pour séduire son homme. Malheureusement, pas grand chose à dire de plus, j'ai beaucoup aimé le début mais je me suis vite essoufflée, ce qui est dommage sur un aussi court roman (157 pages en comptant les recettes).
par Le club des théières publié dans : La cuisine
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Mardi 13 novembre 2007

Pour la deuxième réunion du fameux Club des Théières, nous avions choisi, chers happy few, dans les nombreux thèmes proposés, celui de la cuisine. A nous donc de lire un roman en rapport avec la cuisine, que ce soit dans l'intrigue, le thème ou le titre. Et, comme je n'aime pas être prise en défaut deux fois de suite, j'avais cette fois-ci consciencieusement fait mes devoirs et lu :


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La colère des aubergines de Bulbul Sharma.





Il s'agit d'un recueil de 12 "récits gastronomiques" dont chacun tourne autour de la cuisine indienne. Chaque nouvelle est suivie d'une ou plusieurs recettes de cuisine qui permettent de réaliser les mets décrits dans la nouvelle : au total le recueil comporte 25 recettes de cuisine indienne traditionnelle, des aubergines bharta (un must personnel) au biryani (riz, légumes et viande), en passant par les curry divers et variés, les pakora, les dâl et autres halva ou khîr.


Je ne sais pas vous chers happy few, mais moi j'adore la cuisine indienne. Aussi, quand le thème a été donné par
la grande prêtresse du club, j'ai tout de suite pensé à ce recueil qui me faisait de l'oeil depuis la critique de Sophie, qui disait que c'était un livre "qu'on aimerait bien manger". Et j'ai vraiment beaucoup aimé ce recueil : les nouvelles, par le biais de la cuisine, nous font entrer par une porte dérobée dans le quotidien des femmes en Inde. Qu'elles officient seules dans un antre interdit à tous (comme le faisait la grand-mère de l'auteur, qui est l'héroïne de l'avant-propos) ou qu'elles régentent des domestiques, la cuisine est le lieu où règnent les femmes, parfois en tyran (comme Buaji dans De l'or en barres, la première nouvelle, dont les descriptions de victuailles bien rangées m'ont rappelé le tome 4 de La petite maison dans la prairie, dont j'adore les descriptions du cellier). La tyrannie peut s'exercer aux dépens des hommes, comme dans la nouvelle assez cruellement drôle, En sandwich, où un homme, pour satisfaire à la fois sa femme et sa mère, doit ingurgiter ses (mauvais) repas en double. Si bien cuisiner est un atout pour la jeune fille à marier, cela peut se révéler un piège comme pour Bala, la parente pauvre que toute la famille se bat pour ne pas héberger jusqu'au jour où on découvre ses talents culinaires et où on l'empêchera de se marier afin de pouvoir continuer à l'exploiter (Un goût pour l'abnégation).

Les nouvelles présentent un large éventail de l'utilisation possible de la gastronomie : concours de repas avant un mariage dont les invités font les frais (Concours d'agapes), oragnisation d'un pique-nique nocturne (Le poisson-lune) ou encore cérémonie du shradha en l'honneur d'un défunt (Qui meurt dîne). Certaines nouvelles, un peu différentes, se servent de la nourriture comme d'un prétexte pour explorer la psychologie des personnages, comme L'épreuve du train qui voit un homme perdre momentanément son emprise sur les femmes de la maison ou Festin pour un homme mort, qui met en scène un chef de village polygame et exigeant que la femme laide qui l'aime en secret nourrira jusqu'à sa mort, alors que tous l'ont abandonné. La dernière nouvelle, Son pesant de sucre est assez terrible : elle montre comment la douleur de la femme délaissée par son mari adultère la pousse à la boulimie.


Grâce à la gastronomie, c'est un petit pan de la culture indienne, de la place des femmes et de leurs relations avec les hommes qui se dessine. Un régal, chers happy few!

par Le club des théières publié dans : La cuisine
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Mardi 13 novembre 2007
Textes : Elise Milicevic
Illustrations : Daniel Egnéus
Chef : Jérome Lefevre

Voici le livre que j’ai présenté au très honorable
Club des Théières en ce dimanche pluvieux de novembre :




Le thème de la rencontre du Club des Théières de novembre était la cuisine. N’ayant rien dans ma PAL s’y rapportant, je me suis tournée vers mon ami Google qui m’a renvoyé vers le site L’Internaute (Le Journal des Femmes) où j’ai trouvé une interview d’Elise Milicevic qui présentait son roman-cuisine, Hot Dog (lien vers l'article).

Elise expliquait que : « Le concept [du roman-cuisine] consiste à allier un sujet littéraire à des recettes inédites. Sans oublier une part de graphisme très importante afin de savourer le livre avec tous ses sens. »
C’était pile poil ce qu’il me fallait !

Ce livre est composé de 12 nouvelles et 24 recettes. Chaque nouvelle se rapporte à un animal et est accompagnée de deux recettes liées à cet animal, de plus ou moins loin (soit dans le nom de la recette, soit c’est un ingrédient de la recette).

Alors roman ou livre de cuisine ? Pour moi, ce livre est un livre de recettes où chaque « couple » de recettes est accompagnée d’une courte nouvelle. Ces nouvelles sont des souvenirs d’une narratrice, qui, dans un préambule, nous explique que, dans quelques mois, elle va devenir Madame Lechien et qu’elle tient à rendre hommage à nos amis les bêtes avant cela.

J’ai du mal à appeler ces textes, des nouvelles, car je trouve qu’ils sont vraiment courts. C’est une façon très originale d’introduire les recettes avec ces souvenirs qui peuvent être touchantes, drôles ou tristes. Mon texte préféré est celui qui s’appelle Eugénie Coton où il est histoire de poissons rouges.
Petite précision : Elise Milicevic m'a appris qu'en fait, les nouvelles ont donné naissance aux recettes, et que ces recettes sont un peu la métaphore de ces nouvelles.

Côté recettes, il y a aussi bien des entrées, des plats et des desserts. Dans l’interview qu’elle a accordé à l’Internaute, Elise explique qu’elle a conçu ces recettes en collaboration avec un vrai chef, Jérôme Lefevre.

Il y a des recettes originales, comme la crème de cactus servie avec une sauce du lézard hurlant et croco Haribo ! Ou des recettes au nom original, comme la queue de Godzilla ! Je ne suis pas une grande spécialiste, mais les recettes me paraissent abordables bien qu’il y ait parfois des ingrédients qui ne doivent pas se trouver si facilement (comme le jus de cactus ou le tartare d’algues).
Petite précision : En fait, on peut trouver en supermarché du jus de cactus, fabriqué par Teisseire.
Pour le Club des Théières, j’ai essayé la recette des Scoubiscuits, des biscuits au sucre roux et aux pépites de chocolat. Personnellement, je les ai trouvés trop sucrés et bien sûr, trop cuits ! Je n'arrive jamais à faire cuire des biscuits, de toute façon ! Mais la recette était ultra-simple !

Et enfin une mention plus que spéciale à l’illustrateur de ce livre, Daniel Egnéus ! Chaque texte est accompagné d’une illustration et les recettes sont aussi illustrées. C’est très chouette !!! J’aime beaucoup son style (que je serai incapable de définir !). Allez faire un tour sur le
le site Internet de Daniel Egnéus pour voir son travail et notamment, certains des dessins d’Hot Dog.


Illustration de la nouvelle L’âne élevé sous la mer


Ce livre est publié aux éditions 1973. Le roman-cuisine est le premier concept book de cette petite maison d’édition indépendante créée par Elise Milicevic. Le premier roman-cuisine publié, c’est Incognito de Susan Freddi (je vous en parle bientôt). Hot Dog est le 2ème roman publié et d’autres sont en préparation...
par Le club des théières publié dans : La cuisine
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