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  • : Tout est partie d'une drôle d'idée.... Celle de réunir un certain nombre, voire un nombre certain de LCA parisiennes autour d'une tasse de thé et de livres. Et voilà le résultat! Des livres qui se baladent, des gâteaux à gogo, des théières sans fonds et des notes de lecture à foison!
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Le prochain club nous verra fêter le premier anniversaire des Théières!! Quel autre thème pouvait être choisi que celui de l'Anniversaire??

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Lundi 7 avril 2008

Arrivé à la cinquantaine, Oki décide d’aller écouter les cloches du nouvel an sonner à Kyoto. Là-bas vit Otoko, celle qui, à l’âge de 16 ans, a été sa maîtresse. Devenue un peintre renommé, celle-ci vit seule avec une élève, Keiko. Une élève diaboliquement belle. Une élève qui va décider de venger ce qu’a subit son maître quand bien même, celle-ci ne le désirerait pas.

 

Tristesse et beauté est un roman étrange et envoûtant. Etrange par l’histoire qu’il raconte. Envoûtant pas l’atmosphère qui s’en dégage, faite de tensions, de non-dits, de regards échangés, d’une certaine étrangeté qui s’installe petit à petit.

Dans cette dernière œuvre publiée avant sa mort, Yasunari Kawabata mêle plusieurs thèmes.

Le premier, le plus simple à percevoir est sans nul doute celui de l’amour. Ou plutôt des formes diverses que prend l’amour.

Il y a l’amour d’Oki pour la jeune Otoko, l’amour d’un trentenaire pour une jeune adolescente. Un amour fou, violent qui va presque mener la jeune femme à la folie et qui n’est pas mort vingt ans plus tard, malgré la séparation.

Il y a l’amour (ou la haine) conjugal, fait de trahisons, de renoncements, et d’un attachement né de l’habitude que partagent Oki et sa femme légitime.

Il y a l’amour maternel : celui de la mère d’Otoko pour sa fille, celui de la femme d’Oki pour son fils.

 Et surtout, il y a l’amour que partagent Keiko et Otoko. Un amour qui dépasse d’autant plus les convenances qu’il lie un maître et son élève, deux femmes, deux artistes.

Keiko est une jeune femme de 19 ans, pleine d’absolue et d’amour. Sa décision de venger l’outrage fait à Otoko par Oki lorsqu’il l’a quittée alors qu’elle venait de perdre l’enfant qu’il lui avait fait est irrévocable. Irrévocable mais bien difficile à comprendre. Est-ce par jalousie parce qu’elle sait au fond d’elle même qu’Otoko aime toujours Oki ? Est-ce par jeu ? Est-ce pour vérifier sa force morale ? Sa démarche, pour absurde qu’elle paraisse lui est essentielle. C’est un personnage difficile à cerner, à comprendre. Chacune de ses réponses, chacun de ses actes font sens et en même temps lui permettent d’échapper à toute tentative de compréhension. Elle joue avec ceux qui l’entourent comme avec des marionnettes apparemment, mais en même temps, elle apparaît comme fragile, dépendante. Elle est beaucoup plus troublante qu’Otoko, la plus âgée, l’initiatrice de leurs amours saphiques. Celle-ci a atteint une forme de renoncement, de sérénité qui la voir préserver son amour de jeunesse, son amour pour sa mère en les transcendant dans sa peinture et dans une vie en retrait du monde. A travers elles, ce sont aussi deux Japon qui apparaissent, l’ancien et le nouveau. Deux âges de la vie.

Par petites touches, par des mots, des attitudes, des regards, se dessinent les relations complexes qui lient les personnages. C’est d’ailleurs parfois assez difficile à appréhender pour le lecteur. Il faut creuser, chercher à comprendre soi-même ce qui n’est jamais expliquer. Pas de motifs aux actes, ou très peu. Juste des faits. Cette manière de rester en surface peut être déstabilisante, mais lorsqu’on s’y habitue, on commence à percevoir la richesse que recèle cette manière d’écrire, de décrire.

Mais ce que j’ai apprécié par-dessus tout dans ce roman est l’art des descriptions, parfois poétiques, parfois lourdes des tensions et des lignes de forces qui lient les personnages. Quand au détour d’une page on tombe sur ces lignes magiques, on respire soudain, et on voit se matérialiser un paysage, un visage.

« Dans le jardin du Temple des Mousses un camélia rouge était tombé sur la mousse d’un vert éclatant, jonché de petites andrômèdes blanches. Le camélia tournait sa corolle vers le haut, comme s’il avait fleuri sur la mousse. Et dans le jardin du Ryôkan-Ji, les pierres que la pluie avait mouillées miroitaient chacune à sa manière. »

C’est à travers cela que l’art naît. La peinture d’Otoko, celle de Keiko aussi, et les phrases d’Oki. Tristesse et Beauté est aussi une réflexion sur l’art, sur l’inspiration. Sur la manière de traduire une vie intérieure pour la donner à voir au monde. Sur la pérennité qu’offre l’art à l’amour, à la vie, au beau et au laid.

Ce roman de Kawabata est d’une telle richesse qu’elle est difficile à appréhender en une seule lecture. J’en retiens la complexité, la beauté mélancolique, et aussi la hardiesse. Car s’il y a beaucoup de non-dits, les corps parlent, et les étreintes ne sont pas passées sous silence, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles. Sans vulgarité aucune. 

 

Une belle lecture.

 

 

L'avis de Papillon

 

par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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Lundi 7 avril 2008

Concours de circonstance qui fait que j'enchaîne 2 bouquins de SF - j'avais prévu un polar, mais je ne souhaitais pas courir partout et un Asimov étant disponible chez mon libraire, je n'allais pas lui tourner le dos.
Que les choses soient claires, j'aime la SF mais ne suis en aucun cas une spécialiste, et cela fait un moment (moins H2G2) que je n'avais pas pris le temps d'en ouvrir un répertorié comme tel.

Indice : ce livre est lu dans le cadre de la thématique du Club des théières du mois d'avril.

Les Dieux eux-mêmes / Isaac Asimov. Traduction de l'américain par Jane Fillion, révisée par Sylvie Denis. Gallimard, 2002 (Folio SF). 438 pages
En 2070, la Terre vit dans la prospérité et le bonheur grâce à la Pompe à Électrons, qui fournit une énergie illimitée et gratuite. Une découverte extraordinaire, à moins que...
À moins que cette invention miraculeuse ne constitue à plus ou moins longue échéance une menace imparable pour notre Univers; un piège tendu par une civilisation parallèle pour annihiler notre réalité.
Seules quelques personnes ont pressenti la terrible vérité: un jeune physicien marginal, une Lunarite intuitionniste, un extraterrestre rebelle vivant sur une planète qui se meurt.
Mais qui les écoutera? Qui les croira? Contre la stupidité, les Dieux eux-mêmes luttent en vain.
Ce roman a obtenu le prix Nebula 1972 et les prix Hugo et Locus 1973.
Le héros de ce roman va surprendre plus d'une personne puisqu'il s'agit de l'énergie / du soleil. Ce livre est écologique avant l'heure et comme bien souvent un roman visionnaire : le premier choc pétrolier n'a pas encore eu lieu mais déjà Asimov anticipe les problèmes humains et économiques liés à l'énergie. Mais il ne s'agit pas que de cela, il attire également discrètement
l'attention sur les manipulations génétiques, l'avenir de l'homme et revient sur un de ses credo : la psychohistoire, avec la manipulation exercée par les politiques ou les pouvoirs accordés à quelques uns (rien de bien nouveau). C'est étrange de lire cet ouvrage dans le contexte actuelle. La notion de roman d'anticipation utilisée avant la SF me paraît tout à fait justifier ici.
Si vous vous référez à la quatrième de couverture ne vous leurrez pas ; aucun des 3 personnages ne se rencontreront, mais l'ouvrage découpé en 3 partie nous fait suivre la quête de l'énergie selon 3 points de vues distincts mais qui s'imbriquent et essaient de contrer les incrédules ou plus simplement ceux qui refusent de modifier leurs petites habitudes au risque de détruire des civilisations.
J'ai trouvé le 1er chapitre assez hardu car il est question dans les dialogues de théories physiques, mathématiques (fumeuses en ce qui me concerne) afin d'expliquer le danger que pourrait représenter la Pompe à Electrons et, les explications de Lamont, le jeune physicien qui s'oppose à Hallam, le "Père" de la Pompe à Electrons, ne sont pas forcément des plus attrayantes (Asimov a beau avoir écrit de nombreux ouvrages de vulgarisation sur le sujet, je me suis quelque peu embrouillée devant toutes ces notions mathématiques, chimiques). Fort heureusement l'histoire suit son cours et Lamont fait appel à un professeur archéologue, versé dans la "traduction " d'inscriptions étrusques" qui, il l'espère, pourra l'aider à communiquer avec les para-hommes qui se trouvent de l'autre côté de la Pompe à électrons dans un para-univers, hommes plus avancés techologiquement et qui ont fourni toutes les indications permettant la construction de la pompe.
Le seconde chapitre nous décrit ce para-univers, nous permet de découvrir sa population ainsi qu' une triade particulière composée d'un Rationnel doué, d'une Emtionnelle à l'esprit rationnel et d'un Parental téméraire. Il confirme les craintes de Lamont et résoud quelques unes des interrogations de la première partie.
La dernière partie se situe sur une colonie de la Terre : la Lune. Nous rencontrerons une intuitionniste qui grâce à ses qualités va aider celui qui fut à la source de la montée en puissance d'Hallam.
Comme vous pouvez le voir cet ouvrage est assez foissonnant et fait de rebondissements dans le dernier chapitre - je vous ai donné quelques informations car je me suis interrogée sur le bien fondé de cette partie lorque je l'ai débutée -.
Ce livre est réellement différent dans sa construction de ce que j'ai pu lire en SF jusqu'alors. J'ai particulièrement aimé les vues d'I. Asimov sur le développement de la civilisation dans le para-univers, la notion de la triade. Passé le 1er chapitre, la lecture est relativement aisée. Néanmoins ce n'est pas mon préféré. J'espère que le prochain bouquin de SF que je vais ouvrir répondra davantage à mes critères :))

par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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Lundi 7 avril 2008

Le thème du Club des Théières de ce mois d'avril étant "un livre paru l'année de votre naissance", j'ai arpenté en long et en large ma PAL, mais - diable ! - pas un seul livre de 1977 !

Après quelques tergiversations, j'ai acheté un roman de Patrick Cauvin que j'avais lu et aimé (dans mon vague souvenir) lorsque j'étais adolescente.

e = mc2 est l'histoire de deux surdoués de onze ans. Daniel, alias Humphrey Bogart, est un grand amateur de cinéma - il se donne d'ailleurs des airs de gentil gangster - habite un quartier populaire en banlieue parisienne, a une jolie figure et un gabarit modeste. Lauren habite le XVIème arrondissement de Paris et a l'éducation qui va avec, elle est américaine et lit surtout de la poésie, de la philosophie et des livres de maths (niveau bac au moins).

Ces deux-là n'étaient pas faits pour se rencontrer, sauf dans une station balnéaire où la moyenne d'âge est canonique et les enfants des extraterrestres. Et crack ! Le coup de foudre touche ces deux jeunes pré-adolescents aux cerveaux très matures. Va s'ensuivre une histoire d'amour touchante, romanesque et entravée par des difficultés liées au jeune âge des deux tourtereaux.

Les propos des enfants sont drôles, entre réflexions adultes et naïveté, le ton juste, quelques personnages secondaires viennent pimenter le récit et le tout forme une jolie romance qui donne envie de se replonger en enfance, à l'heure des premières amours innocentes dont on est sûr qu'elles dureront toujours.

J'ai beaucoup aimé prendre ce bain de jouvence, et il m'a donné envie de découvrir d'autres romans de Patrick Cauvin.

Extraits :

p. 38 : (Daniel attend sa bienaimée pour leur premier rendez-vous en soirée) "C'est la soirée la plus chaude depuis deux cents ans. Pourvu qu'elle vienne !  Déjà neuf heures dix et on n'a quand même pas la vie devant nous ; à onze heures, faut que je sois repieuté.

C'est long à attendre. Surtout que dans le noir on ne voit pas grand-chose.

Si elle vient, c'est quand même dans la poche parce qu'on ne va pas me dire qu'avec son intelligence, une fille de onze ans trois mois qui se pointe à neuf heures dix du soir dans un lieu désert avec un garçon de douze ans dans moins de dix mois, elle ne s'attend pas tout de même à ce qu'il lui propose un chat perché.

C'est elle ! Une partie de la nuit vient de s'épaissir en forme de fille.

Elle sent le savon, toujours, et jamais je n'oublierai cette odeur, quel que soit le mec que je devienne."

p. 70 : (Daniel parle d'un de ses professeurs) "Donc, c'est le contraire d'un rigolo et ce type a dû sourire trois fois dans sa vie : une fois quand sa mère est morte, la deuxième à la déclaration de guerre en 1940 et la troisième quand il a desserré les doigts du cou de sa femme."

p. 98 : (Daniel souhaite acheter une bague à Lauren, a un budget de vingt francs et entre dans une boutique parisienne) "Il me demande laquelle. Je la lui montre, il pince les lèvres et il fait : "Deux mille trois cents francs."

J'ai pensé d'abord qu'à trois cents balles près je me l'emportais, mais j'ai eu l'instinct qui m'a averti. "Anciens ou nouveaux ?"

Il a eu un sourire comme s'il avait avalé une pelote d'épingles. "Nous parlons en nouveaux francs."

Deux cent trente mille francs. Bingo. Complètement frapadingues, les mecs. Je suis sorti sonné et, avant de partir, j'ai entendu qu'il disait : "… interdire les enfants… ", enfin un bout de phrase dans ce genre-là. Du coup, j'ai regardé le nom de la rue pour m'en souvenir.

La rue de la Paix, je la conseille à personne."

 

par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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Lundi 7 avril 2008

1485112234.jpg Annabelle a une trentaine d'années. C'est une jeune femme timide, un peu peureuse, professeur de dessin mais uniquement à son domicile. Elle a peur du monde extérieur et ne sort pas beaucoup. Un jour, au restaurant chinois en bas de chez elle où elle dîne quelquefois, elle vole une sirène dans l'aquarium. Elle la met dans son lavabo, puis dans sa baignoire, et la regarde grandir. Une étrange relation s'installe alors entre la femme et la sirène...


Figurez-vous, chers happy few, que pour la dernière réunion du Club des Théières, nous devions lire un roman sorti l'année de notre naissance. Or, sur les 350 livres que contient ma (désormais très ordonnée) PAL, impossible d'en trouver un seul qui correspondait à la contrainte! J'ai donc décidé de chercher un livre sorti l'année de naissance d'un de mes enfants (ce qui est nettement plus simple). Quand en plus, j'ai vu que Cypora Petitjean-Cerf était née la même année que moi, j'ai su que je devais absolument lire ce livre (qui certes, ne correspondait pas du tout à la consigne, mais 1) elles sont faites pour être détournées, non ? et 2) je ne suis pas la seule à avoir triché mais je ne dirais rien parce que je suis bonne copine)...

Ce très court roman est donc un roman fantastique dans lequel une femme tente de trouver sa place dans le monde qui l'entoure. La sirène, d'abord agressive et laide, se transforme en une belle créature qui a un énorme pouvoir de création et qui peint des oeuvres qui subjuguent les amateurs. Elle se révèle ensuite posséder une voix extraordinaire (sirène oblige). Une étrange relation fusionnelle et a contrario s'établit entre les deux femmes, dont l'énergie et les talents de création semblent agir selon un système de vases communicants : en emplissant l'une, ils désertent l'autre. La sirène agit à la fois comme une métaphore du talent d'Annabelle et de sa vie (de fermée au monde, elle devient lumineuse et accessible) et comme un catalyseur : d'avoir osé voler la sirène enclenche une série d'événements qui vont lui permettre de se trouver.


Un très joli roman un peu déroutant mais que j'ai beaucoup aimé, chers happy few!


Cypora Petitjean-Cerf, Le musée de la sirène, Points


Les billets de Cathulu, Flo, Florinette, Gachucha, Lilly


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Florinette!

par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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