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  • : Tout est partie d'une drôle d'idée.... Celle de réunir un certain nombre, voire un nombre certain de LCA parisiennes autour d'une tasse de thé et de livres. Et voilà le résultat! Des livres qui se baladent, des gâteaux à gogo, des théières sans fonds et des notes de lecture à foison!
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Le prochain club nous verra fêter le premier anniversaire des Théières!! Quel autre thème pouvait être choisi que celui de l'Anniversaire??

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Vendredi 16 novembre 2007



Dimanche dernier avait lieu à Paris un événement très couru, un salon littéraire au délicieux parfum de thés et de gâteaux en tous genres... La seconde réunion du
Club des théières ! Il se réunissait chez Delphine (merci pour l'accueil :) ). Et le thème vous mettra l'eau à la bouche car nous avons parlé cuisine.

Ne vous est-il jamais arrivé en lisant de noter sur un coin du marque-page une idée de recette ? Le genre le plus riche en la matière est peut être le pollar : j'ai l'impression que les enquêteurs ne peuvent pas travailler sans manger un bout. Mais pour en revenir à la cuisine, j'ai par exemple testé, après la lecture d'un Sepulveda, un plat de riz à la banane (assez concluant d'ailleurs même si l'idée parait étrange... oui, oui, je vous vois faire la grimace).

Pour l'occasion, Papillon avait concocté une petite liste dans laquelle j'ai pioché allégrement et choisi - paresseusement - un livre de mon challenge 2007 (qui n'avance guère, surtout avec le rivage des Syrtes que Fashion m'a assuré être pénible). J'ai donc abordé ce roman de Nancy Huston avec beaucoup d'enthousiasme : "chic, il va y avoir des petits plats" et "depuis le temps qu'il me fait de l'oeil et que je le néglige" voire "et dire que je n'ai toujours pas succombé à cet auteur alors que j'ai lu des critiques élogieuses"... Et bien il ne faut parfois pas avoir trop d'attentes ! La lecture s'est révélée décevante.

Le narrateur, Dieu himself, en toute simplicité, raconte à son lecteur un de ses moments favoris (comme la mort de Cléopatre ou la guerre de cents ans, en toute simplicité aussi) : le diner de Thanksgiving chez Sean Farrell. De la préparation du dîner au lendemain matin, Dieu nous parle d'une soirée assez ordinaire réunissant des amis, des proches qui le sont plus ou moins et les conjoints des amis... Chacun a ses problèmes, son histoire souvent lourde (divorce, mort d'un enfant, maladie et autres plaisirs) et tient à éviter certains sujets. Autour de la table planent parfois de longs silences. Les protagonistes se perdent dans de longues reflexions que Dieu nous transcrit très précisement, omettant souvent de marquer une quelconque transition lorsqu'il "capte" les pensées de Patrizia, puis de Léonid, puis de Hal... ce qui ne facilite pas la lecture. Seule originalité, chaque chapitre décrit les circonstances de la mort d'un des personnages (faut pas oublier notre narrateur omniscient et omniprésent, que diable!).
Un roman qui se lit bien mais qui laisse un goût d'inachevé, de facilité. Et la cuisine dans tout ça ? Il y a bien un grand débat sur la cuisson de la dinde, la préparation d'une tarte au potiron mais ça s'arrête là. J'espère que le prochain thème me permettra de partager une bonne trouvaille mais le roman de cuisine en a laissée plus d'une sur sa faim !

par Le club des théières publié dans : La cuisine
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Vendredi 16 novembre 2007

Myriam est un peu perdue, un peu fantaisiste et un peu rêveuse. Un beau jour, elle décide d'ouvrir son restaurant. A sa propre surprise, Chez moi devient vite le rendez-vous incontournable des habitants du quartier, le havre chaleureux où tout le monde se retrouve. Dans sa cantine, Myriam ouvre l'appétit et délie les esprits, avec l'instinct, la grâce et la sensualité des artistes aux fourneaux... 


J'ai lu ce livre à l'occasion de la deuxième réunion du Club des théières puisque nous avions décidé de lire un livre sur le thème de la cuisine. Ce roman avait beaucoup fait parler de lui lors de la rentrée littéraire 2006, mais je n'avais pas eu alors l'occasion de le lire, car étant une vraie professionnelle attachée au plaisir de ses usagers, je l'avais laissé sur la table des nouveautés à l'attention de mes lecteurs. On ne peut pas priver des lecteurs de lecture tout de même ! Quelle comédienne ! (c'est la petite voix qui m'habite qui parle quand vous voyez des phrases en italique qui ponctuent mes propos).

Je dois dire que pour moi, tout le livre s'est mis en place à la fin de la lecture, ce n'est que dans les toutes dernières pages que l'on comprend pourquoi on a lu tout le livre. Je m'explique : Myriam met du temps à se livrer. On sait qu'elle vient d'ouvrir un restaurant, que c'est aussi sa maison, donc à priori elle n'a pas de famille, mais le personnage reste clos, très fermé sur sa douleur qu'on devine terrible. Au fur et à mesure que d'autres personnages entrent dans son univers, elle commence à se livrer, mais il faut attendre assez longtemps pour cela. Je crois que j'aurais abandonné ma lecture si ça n'avait pas été pour le Club des théières, alors qu'en refermant le livre et en réfléchissant sur ma lecture, je me suis dit que c'était un bon livre et une lecture plutôt agréable. Le style est vraiment très intéressant, soigné, la lecture est fluide grâce au style mais heurtée par le personnage principal.

Et le thème de la cuisine dans tout cela ? Et bien, pour moi, ce n'est qu'un prétexte pour nous raconter la vie de Myriam, ses états d'âme... Il se trouve qu'elle ouvre un restaurant, mais elle aurait tout aussi bien ouvrir une librairie, dans le sens où faire la cuisine soigne ses bleus à l'âme mais le parallèle avec une autre source d'apaisement est possible. Mes camarades du Club on lu des livres qui comportaient des recettes, intégrées dans le roman à la fin d'un chapitre ou même dans le cours du récit, alors que dans Mangez-moi, à aucun moment il n'y a de recettes que l'on peut reproduire.

Mangez-moi, c'est surtout une formule pour dire Aimez-moi, Prenez-moi toute entière entre vos mains, Occupez vous de moi parce que je suis à bout de force. Toi aussi tu aurais pu écrire ça alors, non ? Oui petite voix, moi aussi j'aurais pu écrire ça. Tu ne voudrais pas te rendormir et me laisser tranquille ? Tu sais bien que tu ne pourrais plus vivre sans moi, depuis le temps qu'on se connaît. Vous aussi vous avez une petite voix intérieure qui se mêle de tout ?
Gnagnagna...

par Le club des théières publié dans : La cuisine
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Mercredi 14 novembre 2007


J’ai choisi ce livre pour deux raisons : le club des théières se tenait sur le thème de la cuisine, et ô mystère des mânes, voilà que Mangez-moi était sur la table des coups de cœur de la bibliothèque. Et me voilà partie alors que j’avais fait de la résistance à l’époque de sa sortie. Je lorgnais dessus depuis sa sortie en poche, mais… Pal et Lal aidant… Enfin bref ! Je ne suis pas la première à le lire ! Ca ne m’empêche pas de vous donner mon avis !

 

Myriam est instable, Myriam est irresponsable, Myriam souffre et essaie d’assumer la faute pour laquelle elle a perdu famille et enfant. Myriam cuisine aussi. Elle cuisine dans ce petit restaurant que, risquant le tout pour le tout, elle a ouvert et où elle vit aussi.

C’est dans ce cocon où se bousculent fleuristes et cultivateurs, enfants du quartier et pierrots qu’elle va enfin trouver un chemin vers l’apaisement.

 

Myriam est une femme perdue qui cherche un endroit où enfin se sentir chez elle. C’est ce que représente pour elle ce restaurant qu’elle ouvre en désespoir de cause avoir erré pendant des années et été cuisinière pour une troupe de cirque. Symboliquement, son petit monde prend le nom de Chez moi. C’est d’abord un petit restaurant sans menus, sans enseigne, effacé comme sa propriétaire. C’est enfin un endroit reconnu, apprécié, aimé, une cantine de quartier, un refuge pour les amoureux, les ouvriers, et les gourmands. Un restaurant reconnu comme sa propriétaire qui a repris goût à la vie. Ce n’était pas forcément ce qu’elle attendait, mais c’est ce qui lui permet à la fin d’avancer et de se retrouver.

A travers la cuisine que sert Myriam, le projet qu’elle essaie de mener à bout avec son restaurant, c’est sa générosité qui apparaît. Sa culpabilité aussi : celle de la mauvaise mère, celle de la femme adultère, celle de la mauvaise, la perverse, celle de la femme qui a osé et s’est libérée de ce qu’elle vivait comme un carcan. Mangez-moi est un beau récit sur la liberté, la culpabilité, le plaisir et le partage. Sur une vie de femme avec toutes ses contradictions. Et surtout sur cet amour maternel que l’on conçoit comme une évidence et qui ne l’est parfois pas.

Petit à petit, Myriam recommence à faire confiance, à accepter l’échange et le partage. Cela ne va pas sans difficultés, sans paniques, mais l’apaisement se profile. Comme si à force de cuisiner pour les autres, elle acceptait enfin de se reconnaître elle-même et elle acceptait la possibilité que d’autres l’aiment.

 

 

Et puis il y a ces pages merveilleuses sur la cuisine, le plaisir de fabriquer, d’élaborer, ces noms de recettes, de plats qui font saliver. Le bonheur fou que ressent Myriam quand elle cuisine.

J’ai apprécié le mélange d’émotion et d’humour qui parcourt les pages, les réflexions de Myriam, ses gaffes. J’ai trouvé quelques longueurs. J’ai ressenti un brin d’agacement à « voir » Myriam ressasser sans cesse ses fautes. Mais j’ai aussi pris un réel plaisir à la suivre, elle et son sens de l’autodérision.  C’est un personnage attachant, fort et fragile, pétri de contradictions, rêvant de chaleur humaine et  fuyant quand on la lui offre.

Les personnages secondaires sont tout aussi réussis et offre une bouffée d’humour : le fleuriste amoureux, le serveur, les deux lycéennes luttant pour terminer leurs devoirs de philosophie, etc. C’est un quartier de Paris qui prend forme sous les yeux dans lecteur dans le petit cadre de Chez Moi.

Sans compter au récit de toutes les galères qui attendent les restaurateurs en herbe ! Et les références multiples à la littérature ! J’ai adoré le clin d’œil à Alice au pays des merveilles : une petite fille qui rétrécit et grandit, une femme qui ne sait comment trouver sa place... Le parallèle est bien trouvé.

Mangez-moi est un roman qui fait du bien au moral et à l’imagination. Les odeurs, les textures, les couleurs mettent l’eau à la bouche ! Rien que pour ça, merci Agnès Desarthe !

par Le club des théières publié dans : La cuisine
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Mercredi 14 novembre 2007

Confrontée à une dramatique question de choix pour le club des théières, j’ai finalement jeté mon dévolu sur un recueil de nouvelles. Mais pas n’importe quelles nouvelles ! Non, non ! Des nouvelles culinaires !! Oui, cela existe ! C’est ce que nous offre Bulbul Sharma dans La colère des aubergines : une série de nouvelles, les recettes que cuisinait sa grand-mère Dida et quelques uns de son cru. Dans un très bel avant-propos, elle raconte cette petite femme en sari blanc de veuve qui cuisinait chaque jour pour toute sa famille ce qu’elle-même ne touchait pas. Un beau personnage de femme cette Dida, réfugiée dans une cuisine devenue sanctuaire, avec des mots que les grands-mères utilisent presque universellement à mon avis : « Mange… mange, tu es tellement maigre. » Moi ce n’est pas pour le chou-fleur aux cinq épices mais pour le couscous. Ceci dit le résultat est le même !
 
En douze nouvelles Bulbul Sharma présente tout un univers de femmes indiennes. Des femmes très différentes les unes des autres. Des veuves, des jeunes mariées, des vieilles femmes, des mères. Des hommes aussi, toujours un peu lâches, un peu veules, un peu perdus. Car les femmes chez Bulbul Sharma sont fortes. Ce qui ne les empêche pas d’être aussi, parfois, ridicules ! Il n’est que de voir cette riche femme qui tente à tout prix de maigrir sous le regard narquois et désespéré de ses domestiques. Ou cette veuve au crépuscule de sa vie qui court après le prêtre susceptible de manger le repas cérémoniel préparé pour les mânes de son défunt époux : « Bien que pour ma grand-mère l’acte de nourrir le prêtre, qui lui vaudrait un bonus important au plan d’épargne mérite géré par le ciel, fût au cœur de la cérémonie, elle n’avait trouvé en dix ans aucun ministre du culte à la hauteur de ses talents culinaires. »
 En tout cas, elles savent mener leur monde.
Bien sûr tout n’est pas toujours rose pour ces femmes. La cuisine, les femmes, la maison et la famille sont au centre des récits, mais des femmes qui ont des statuts divers, des destins divers. Certaines sont soumises à la tradition et en souffrent essaient de se libérer ou le refusent, d’autres se sont libérées et en souffrent aussi. Bulbul Sharma montre bien qu’entre tradition et « modernité », le choix n’est pas simple et que les conséquences de ce choix peuvent être lourdes à porter.
En tout cas, avec ces nouvelles, on prend la mesure du rôle central que joue la nourriture dans la culture indienne. Tous les événements sont prétextes à banquets. Enterrements, cérémonies religieuses, mariages. Les familles se livrent même parfois à de véritables compétitions, laissant leurs invités à deux doigts de l’explosion. Les repas sont des sources infinies de discussion, de comparaison, voire de lutte ! Pour savoir qui, de la belle-mère ou de la bru est la plus à même à prendre soin de l’homme.
Ces nouvelles sont très souvent drôles, parfois tristes, toujours savoureuses. Des tranches de vie indienne sont offertes. Et de très beaux personnages. Dida, Buaji, Maaji, Mani et les autres ne me quitteront pas de sitôt ! Et pour une bonne raison puisque La colère des aubergines va trouver sa place parmi mes livres de cuisine !
On trouve à la fin de chaque histoire de magnifiques recettes avec les tours de main de l’auteur. Un lexique en fin d’ouvrage permet de se retrouver dans tous les termes hindis. Tout au long des pages on salive, on sent les odeurs et on voit les couleurs de l’Inde dans toute leur diversité.
 
Une belle lecture.
par Le club des théières publié dans : La cuisine
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