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  • : Tout est partie d'une drôle d'idée.... Celle de réunir un certain nombre, voire un nombre certain de LCA parisiennes autour d'une tasse de thé et de livres. Et voilà le résultat! Des livres qui se baladent, des gâteaux à gogo, des théières sans fonds et des notes de lecture à foison!
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Le prochain club nous verra fêter le premier anniversaire des Théières!! Quel autre thème pouvait être choisi que celui de l'Anniversaire??

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Dimanche 2 mars 2008
Pour répondre au thème du dernier club des théières, j'avais pas mal de choix. En effet, le roman historique est un genre que mon papa apprécie beaucoup... Il ne fait donc aucune difficulté pour me prêter ses dernières trouvailles. Cependant, j'ai pioché dans ma PAL et déniché, non pas un mais, deux romans. Comme Emeraude, j'ai lu La passion selon Juette :
Clara Dupont-Monod raconte la vie d'une jeune fille, Juette, qui laisse parler son coeur et ses aspirations, ses sentiments et ses questionnements. Son adolescence, son mariage, son veuvage en font trois femmes très différentes, pleine d'espoir, remplie de colère, comblée de joie, toujours pures mais troubles parce que libres. Cela n'aurait rien de grave si nous n'étions au XIIe siècle, période médiévale troublée par l'hérésie cathare, les excès de l'Eglise et la violence des hommes.
Juette est seule. Elle pense. Parfois elle parle à son ami, un jeune moine, Hugues. Leurs voix s'entrecroisent.
Juette est dérangeante, elle ne veut pas grandir, elle aime les histoires et les chevaliers, elle ne comprend pas l'attrait des hommes pour les femmes. Cette incompréhension devient hantise et haine avec le mariage et les grossesses. Elle se met alors volontairement à l'écart de la société après avoir vainement tenté de s'y fondre. Elle prend en main une léproserie, attire des jeunes femmes et finalement est en proie à d'éprouvantes extases (très bien vu au XVIIe mais un peu moins avant, qu'on se le dise !). Sans être révolutionnaire, ce livre se lit bien, le style est concis, limpide comme l'héroïne.

Et puis, j'ai -enfin- dévoré Le nom de la rose :
Quand, adolescente, j'ai voulu lire ce livre d'Umberto Eco, j'ai fait une erreur et emprunté le Roman de la rose en bibliothèque. Déçue au début puis séduite par ce vieil ouvrage, je l'ai acheté récemment afin de le relire. Quant au nom de la rose, il traînait dans ma pal depuis quelques années mais jamais je n'avais pris le temps de l'ouvrir. C'est donc pour répondre au
challenge le nom de la rose et au choix d'une lecture historique pour le club des théières que j'ai dépoussiéré cette œuvre.
Au XIVe siècle, temps de crise pour l'Église, temps difficiles pour les hommes, une abbaye bénédictine résonne de crimes étranges : Adelme d'Otrante a été retrouvé mort. C'est l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, désigné par l'abbé, qui cherche le coupable, accompagné du jeune Adso, simple novice et narrateur de l'histoire (sans parler des précautions d'Eco qui multiplie les intermédiaires entre l'auteur, le traducteur, le copiste et le narrateur du manuscrit "original"). Guillaume est un moine franciscain, acquis aux idées de Bacon, présent dans l'abbaye pour une rencontre entre les partisans des ordres mendiants guidés par Michel de Cézène et la délégation papale comprenant le redoutable Bernard Gui. En réalité, lutte d'influence entre le pape Jean XXII et l'empereur germanique Louis IV. Voilà le fond historique, en gros. En réalité, Eco se réfère en permanence à des événements contemporains, des personnages réels, des opinions, des hérésies et des débats théologiques du moment. C'est une oeuvre érudite et très documentée (latinistes, vous trouverez de quoi vous mettre sous la dent, jubilate et gaudete !). Pour tout dire, la théologie est un peu absconse parfois.
Introduits par des petites phrases annonciatrices comme je les aime, 7 jours d'enquête, de rencontres avec les moines, d'échanges et de morts violentes, rythmés par les services religieux. L'abbaye même est-elle vraiment protégée du péché et de l'hérésie ? rien n'est moins sûr lorsqu'on sait les meurtres qu'elle dissimule... et ses moines restent des hommes, soumis aux tentations et aux péchés tels que l'orgueil, la luxure ou l'envie. Les peurs millénaristes ne sont pas loin et l'abbaye semble être le lieu où s'accomplissent les prédictions de l'apocalypse.
Le point culminant de l'abbaye, lieu gardé secret et interdit aux non-initiés ? la bibliothèque, bien sûr ! Lieu du savoir, orgueil des moines, elle scelle un fond incroyable de livres venus de tout le monde connu, recopiés par les moines dans le scriptorium et consultés sous sévère surveillance. La bibliothèque est le lieu clef de cet endroit : un secret semble y être caché. Nul n'a le droit d'y pénétrer excepté le bibliothécaire, Malachie. Guillaume est donc d'autant plus tenté de la visiter qu'elle est le seul endroit interdit par l'abbé. La bibliothèque est presque un personnage, un monstre vivant, terrifiant et charmeur, labyrinthique, presque une légende. C'est un lieu composé comme un microcosme. On s'y perd beaucoup, on y apprend énormément. Y découvrira-t-on le fin mot de l'histoire et la raison de ces crimes sanglants ? A vous de voir...
Ce livre est dense et prenant (difficile à résumer ai-je trouvé). C'est à la fois un roman historique qui traduit efficacement et intelligemment les hésitations du XIVe siècle, entre retour à la pureté et à la pauvreté, inquisition et obscurantisme, quête de nouvelles voies, curiosité et soif de compréhension. C'est aussi une quête philosophique et religieuse pour Adso. Voilà un roman qui donne envie de lire Borges (qui inspira le dessein de la bibliothèque) et d'en apprendre un peu plus sur ce siècle.

Finalement, deux livres très différents, le premier centré sur une seule jeune femme comme symbole d'un pré-féminisme, le second plus érudit, tentant de donner une image plus globale des grands courants de pensée du XIVe.Le premier assez décevant, le second très conséquent et intelligent. Mais malgré tout, deux romans qui touchent à la période médiévale que j'apprécie beaucoup !
par Le club des théières publié dans : Roman historique
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Lundi 25 février 2008
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En 1873, Rudolph Kerkhoven se rend dans les Indes orientales pour se consacrer avec sa famille à la culture du thé. De ses études à son mariage avec Jenny Roosegarde Bisschop, de ses échecs à sa réussite, on suit le parcours d’un homme hors du commun.
 
Hella S. Haasse est loin d’inventer l’histoire de l’homme dont elle parle. Pour ce faire, elle s’est basée sur les archives de sa propre famille. On sait donc dès la préface que tout ce que l’on va lire, bien qu’en partie romancé est vrai. Du coup, ce qu’on lit est d’autant plus passionnant ! On découvre la Hollande De la fin du 19e siècle, le monde colonial à une période charnière, la naissance et le développement de la culture du thé !
Hella S. Haasse sait transcrire les odeurs, les couleurs. On a l’impression de voir les ciels gris de Hollande, la tristesse et la raideur des relations sociales, des ciels encore plus gris quand on arrive enfin aux Indes avec leur luxuriance, la sensualité, la violence aussi. La place que prennent les paysages, véritables personnages est proprement époustouflante.
Ce monde colonial n’est plus naissant, loin de là. Mais on a passé la charnière des grands partages, des conflits et des tensions entre colonisateurs (dans une certaine mesure seulement, je vous l’accorde). Les colonisateurs hollandais en sont à leur deuxième, voire leur troisième génération. Ils se mêlent aux populations indigènes, chinoises dans un brassage qui ne signifie pas mélange. Les hiérarchies sont reproduites, les préjugés tenaces. Si quelques uns tentent de faire le bien des populations locales, on en est à un mélange de paternalisme et de socialisme qui donne de curieux résultats.
Mais cela n’est guère qu’un petit aspect de ce roman. Les relations familiales des Kerkhoven, les relations conjugales de Rudolph et de Jenny sont au cœur du récit. Rudolph est un homme entier, intègre, honnête. Mais ces qualités sont autant de défauts. Incompris d’une grande partie de sa famille, tous ses actes vont être jugés durement quand iol ne cherchait finalement que la reconnaissance de ses mérites. Les jalousies et les haines vont se déchaîner, parties de si petits malentendus et de si idiotes disputes que les conséquences en semblent disproportionnées. Sans le vouloir, par aveuglement et entêtement, Rudolph va provoquer le malheur de ceux qui l’entourent et surtout de sa femme tant aimée, Jenny dont il va briser illusions et rêves. Car le monde des colons est un monde où les femmes sont soumises. Soumises aux décisions de leurs pères et époux, soumises au désir d’hommes qui leurs font de trop nombreux enfants. Le destin de Jenny, usée par des grossesses et des enfants qu’elle ne désirait pas tant et par une vie dans des conditions difficiles et extrêmes qu’elle n’avait pas choisie en est un exemple. Mais sa propre mère, ses sœurs, les sœurs de Rudolph, sa fille Bertha portent autant d’histoires douloureuses.
Dommage que le récit soit un brin lent à démarrer et trop prompt à finir. L’utilisation des archives, si elle permet à Hella S. Haasse d’appuyer son récit et de lui donner des points d’ancrage plombe parfois le propos et hache la narration au point de devenir parfois inconfortable. Entre documents et chapitres romancés, on ne sait parfois plus trop à quelle source se vouer ! J’ai aussi eu un peu l’impression que faute de correspondance, elle finit par s’appuyer sur des photographies qui laissent peu de place aux développements. Et cela au moment où les choses devenaient encore plus intéressantes !
Seul gros bémol au final, la multitude des personnages et la complexité des relations familiales qui auraient nécessité un bel arbre généalogique, histoire de s’y retrouver ! D’autant que tout ce petit monde porte peu ou prou les mêmes prénoms !
 
Bref, globalement une belle lecture même si ce n'est pas un coup de coeur!
par Le club des théières publié dans : Roman historique
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Lundi 25 février 2008
 
J'ai choisi ce livre pour le Club des Théières de février, dont le thème était le roman historique… Bon, j'avoue, je suis légèrement hors sujet, puisqu'il s'agit d'un roman initiatique, mais c'était le livre de ma PAL le plus proche du thème ! Et c'est un livre du Lotobook, merci à Céline !
Quatrième de couverture :
"Profession de foi individualiste, rejet de toutes les doctrines, condamnation du monde de la puissance et de l'argent, éloge de la vie contemplative dans le cadre d'une Inde recréée à merveille, Siddhartha est un roman initiatique devenu au fil du temps un texte "sacré"".
Hermann Hesse, auteur allemand de nombreux romans et poète, a écrit ce livre en 1922. Pourtant, il n'a pas pris une ride… D'ailleurs, aucune époque n'est mentionnée. L'histoire se passe en Inde. Siddhartha est un jeune homme aimé de tous, qui dégage une force de caractère particulière. Son père est brahmane (religieux). Un jour, Siddhartha décide de partir en quête de l'Eveil, de la Vérité, des fondements de la Vie, de la Sagesse. A regrets, son père le laisse partir. Godiva, son meilleur ami, l'accompagne. On suit les deux hommes durant de longues années, durant lesquelles ils méditent et font des rencontres enrichissantes. Un jour, ils croisent la route de …, encore appelé Bouddha. Si Godiva est convaincu par la parole de Bouddha, Siddhartha, lui, trouve qu'il ne boucle pas un cercle parfait et décide de poursuivre seul son chemin…
A travers un périple géographique, c'est le cheminement spirituel d'un homme qui nous est conté. De samana (homme qui ne possède rien à part une ceinture pour se vêtir et qui vit de méditation, de jeûne et de mendicité) à commerçant dévergondé et amateur de chair et d'argent, Siddhartha passe par de nombreuses étapes avant de trouver ce qu'il a toujours cherché, le Om
J'avoue avoir craint me trouver devant un roman empreint de religiosité sans réussir à en percer le sens. Mais peu à peu, je me suis laissée prendre dans les aventures de Siddhartha et j'ai trouvé un rythme de croisière apaisant dans ma lecture. C'est là qu'on se dit qu'on devrait prendre le temps de méditer, nous aussi ! Ce n'est pas le style de roman vers lequel j'irais naturellement, mais celui-ci n'est pas trop long et le sujet m'a intéressée, d'autant qu'il est bien écrit.
Par ailleurs, je trouve cela assez extraordinaire que ce soit un écrivain allemand du XXème s. qui raconte cette histoire… J'imagine le travail de recherches qu'il y a derrière ces 158 pages, Monsieur Hesse, je vous tire mon chapeau !
Bonus : le récit est précédé d'une préface très intéressante et très complète sur l'auteur.
par Le club des théières publié dans : Roman historique
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Lundi 25 février 2008
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Nicolas Le Floch traverse une période difficile : Louis XV est mort et Sartine quitte ses fonctions de lieutenant général de police pour rejoindre celles de secrétaire d'État à la Marine. Désormais sous les ordres d'un certain Le Noir, Nicolas doit enquêter sur un crime commis à l'hôtel de M. de Saint-Florentin, ministre du nouveau roi. Sa quête va le conduire à Paris, hors les murs, chez des éleveurs de bestiaux, et à Versailles, où il assurera sa position auprès de Louis XVI. Fiacre fantôme, meurtres en série, étonnante arme du crime ponctuent cette aventure où se mêlent l'argent, la débauche, l'espionnage et toutes les folies d'une jeune cour ou perdurent rivalités et affrontements anciens.


Le swap "Noir c'est noir" s'achevant et ayant constaté que JF Parot avait rencontré quelques succès, j'ai proposé au Club des théières ce 5ème volume de la saga de Nicolas Le Floch dans le cadre de notre rencontre [je dois avouer que c'est une excuse toute trouvée pour recycler cette lecture faite il y a quelques semaines].
Je vais éviter de spoiler afin que ceux qui découvrent la série aujourd'hui ne me lancent pas trop de pierres.
J'avais découvert cette série voici 4-5 ans (un Merci public à Douja qui m'avait prêtée les volumes) et je les avais enchaînés avec grand plaisir. Nicolas le Floch est commissaire au Châtelet dans la France de Louis XV (Louis XVI à partir de ce volume). Aidé de Charles-Henri Sanson (le bourreau, oui) et de Guillaume Semacgus, ancien chirurgien de marine (et quelques autres personnages) il élucide grâce des procédés scientifiques des enquêtes extraordinaires.
Parallèlement nous suivons le héros dans sa vie de "tous les jours" où il côtoie les grands de ce monde grâce à divers éléments passés (j'ai dit pas de spoilers, désolée), des femmes de maisons galantes dont La Satin (c'est un homme et bel homme de surcroit - Fashion vous dirait qu'il a du potentiel - ). Ces romans sont également l'occasion de disgressions sur les moeurs de l'époque dont les cabinets de curiosité, et la nourriture y trouve une grande place : des festins se déroulent chez Aimé de Noblecourt, ancien procureur, chez qui Nicolas loge et qui est un ami et une aide précieuse pour lui.
Ce 5ème volume m'a quelque peu déçu. Est-ce le fait d'avoir laissé tant de temps entre ma dernière lecture et ce volume ou les changements importants de ce tome qui se veut charnière à bien des points de vues ? (changement de roi, de style, notre héros a mûri, et se trouve sous la coupe d'un nouveau lieutenant général de police...) J'ai eu l'impression que tout partait dans tous les sens, et même si les multiples enquêtes, éléments s'expliquent "logiquement" en fin d'ouvrage, il m'a néanmoins laissé une petite déception.
Je ne sais pas su l'expliquer et du coup j'ai décidé d'entamer le 6ème volume afin de remédier à cet état et de savoir si la suite continue de me plaire.

Si certains ont lu ce volume je serai ravie de connaître vos impressions ! En effet en 4ème de couv. on peut lire un extrait du Nouvel Observateur "Un Le Floch au mieux de sa forme, dont l'efficacité n'est plus à démontrer". Je suis rarement d'accord avec les critiques des journaux, mais bon... bref votre avis m'intéresse.
par Le club des théières publié dans : Roman historique
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