Le cabas de Fashion Victim
Hier, chers happy few, avait lieu la dernière réunion du Club des Théières, qui avait pour thème, unilatéralement imposé par Stéphanie sous le fallacieux prétexte qu'elle nous recevait autour d'un glamourous barbecue (si, si, le barbecue peut être glamourous, il suffit de porter une jolie robe et des spartiates et le tour est joué), Galipettes. Pour être tout à fait honnête et pour rendre à César ce qui n'était pas à Marc-Antoine, je me dois de préciser que ce thème était une de mes propositions, ressorti à l'occasion de chaque nouveau vote du Club (nous sommes une organisation so démocratique) et n'ayant jamais obtenu la majorité des voix (quand on voit que Figures Géométriques l'avait devancé à la dernière réunion, on se demande bien à quoi pensent les Théières, mais bon, ceci est une autre histoire) : je tiens donc à endosser une partie de la responsabilité de ce qui va suivre...
Me voilà donc à la recherche d'un livre avec des galipettes inside. Or, avant d'avoir ouvert un roman, on ne peut pas savoir s'il contient de la galipette de qualité : on peut avoir de bonnes surprises en lisant une saga (ah, Jamie!) mais je ne comptais pas me lancer dans un roman fleuve sans galipettes-assurance. Bien, me dis-je donc en mon for intérieur, tu n'as qu'à lire quelque chose d'ouvertement érotique, comme ça il ne peut pas y avoir erreur sur la marchandise. Me voilà donc en train de demander à Sam-le-libraire de me conseiller un manga érotique hétérosexuel (je précise parce que Sam est affublé de l'étrange manie de vouloir toujours nous refiler un yaoi (manga homosexuel), sous prétexte qu'il a été primé et que c'est le seul de sa boutique qu'il a lu) (d'ailleurs, de guerre lasse, Caro[line] a fini par l'acheter, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour faire plaisir à son libraire). Sam me vend alors :
Step up love story, qui est en fait un manuel de savoir-faire à l'usage des jeunes gens inexpérimentés : je me suis poilée comme une baleine devant les schémas explicatifs (sic), les statistiques (durée des rapports, taille du membre masculin, etc) et les explications du frère et de la belle-soeur du personnage principal qui expliquent à notre jeune couple tout ce qu'il faut faire et comment et les écueils à éviter. C'est drôle mais ce n'est pas érotique pour un sou (même si les scènes sont crues). Me voilà donc de retour chez Sam, à qui je fais part de mes doléances en la matière. Embarrassé, il me vend alors :
Peach. Le héros est un jeune homme de 25 ans inexpérimenté (tiens, encore), qui va être initié aux délices de l'amour par toute une série de femmes plus jolies et audacieuces les unes que les autres. Je ne suis manifestement pas le coeur de cible de ce genre de mangas, bourré de clichés (mais qui, contrairement à l'autre, est érotique, lui) et apparemment destiné à un certain public masculin qui fantasme à mort et ne fait pas grand-chose. Je me suis plainte de nouveau à Sam, et j'ai abandonné la veine manga.
C'est alors que germa collectivement, après un brainstorming intense, l'idée de lire un roman Harlequin.
Absolument.
Quand j'étais adolescente, j'en ai lu quelques-uns et j'ai le souvenir notamment d'un roman qui se déroulait au Kenya et qui contenait une scène décalquée de Out of Africa (celle où Robert Redford lave les cheveux de Meryl Streep) : je me rappelais donc que de la kulture de haute volée se dissimulait derrière ces couvertures ringardes... Kulture et Galipettes, que demander de plus ? Me voilà donc à la recherche d'un Harlequin. Déjà, première surprise, cela ne se vend qu'en supermarché. Qu'à cela ne tienne, je cours au Monop' (qui décidément me sauve la vie quotidiennement). Deuxième surprise, il n'y a pas de catalogue : les titres sont mis en vente tous les deux mois, plusieurs titres par collection, et retirés de la vente dès que les titres suivants paraissent. Troisième surprise, deux catégories correspondent aux galipettes pures et dures : Audace et Spicy. Ne me laissant pas abattre pour si peu, dans un souci de rigueur scientifique qui m'est habituel, je décide d'en lire un de chaque catégorie afin de comprendre la catégorisation (ben oui, si ça ne porte pas le même nom, c'est que ça ne doit pas être tout à fait le même genre, non ?). Et alors, vous demandez-vous, pantelants sous l'effet de ce teasing de folaïe ?
Et alors.
Dans la collection Audace (Sexy, impertinent, osé) (c'est le slogan, je n'invente rien)
Déjà, il faut arriver à garder son sérieux devant la couverture atrocement kitsch (et ne pas avoir honte à la caisse, n'est-ce pas Carolyn ?). L'histoire est celle d'Emma, une jeune femme traumatisée par le divorce de ses parents, et qui du coup ne fait plus confiance aux hommes (le fait qu'ils aient divorcé quand elle avait 22 ans ne semble pas changer quoi que ce soit, je ne suis pas Dr F. mais hum quand même). Poussée par son amie, la belle Tina, elle s'inscrit dans une croisière de célibataires où elle fait la connaissance du bel Andres qui en fait est un de ses collègues, tombé amoureux de sa voix au téléphone (vous suivez ?). Amour-passion-love-at-first-sight-clair-de-lune-cocktails-mains-baladeuses-et-plus-si-affinités mais il l'a manipulée et puis de toute façon voilà les hommes sont des menteurs, ouin, comment s'engager dans ces conditions, re-ouin, parce que quand même il est beau le Andres (qui en fait s'appelle Tony) (vous suivez toujours ?) et en plus il est doué au lit et en plus il a le sens de l'humour et il porte bien la chemise hawaïenne le bougre.
Bref, vous l'aurez compris, ce fut un grand moment de littérature/poilade, que je veux tellement vous faire partager que j'ai sélectionné pour vous une petite citation, là comme ça, paf, cadeau (lisez avant de me remercier) : "Vos cheveux ont la couleur de la lune, et vos yeux, l'éclat du ciel à midi. Elle se sentit fondre. Cet homme si viril était aussi un poète." Je crois que cet extrait se passe de tout commentaire, non ? Et côté galipettes, me direz-vous ? Eh bien il y en a quelques-unes, surtout au début (après on est dans l'amûûûr donc ça passe moins de temps au lit, forcément) mais elles sont assez rapides et répétitives. Pas de quoi fouetter quiconque donc (pardonnez-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher).
Dans la collection Spicy (Romans érotiques)
Elle Kavanagh est une jeune femme brillante qui cache un terrible secret. Pour l'oublier, elle se noit dans l'alcool et s'étourdit dans les bras de nombreux amants de passage, à qui elle ne révèle jamais son nom. Jusqu'au jour où elle rencontre Dan...
J'avoue tout chers happy few : ici on est dans une autre catégorie et pas seulement parce que c'est écrit sur la couverture. Ce roman est étonnamment bien écrit (d'ailleurs il ressemble plus dans sa présentation à un véritable roman qu'à un manuscrit pondu à la chaîne : il y a des remerciements en fin d'ouvrage et une dédicace au début) et bien construit. Les personnages sont vraiment bien campés, ils évoluent au cours du roman et Elle est attachante et crédible. On suit son histoire avec intérêt et, surprise, il n'y a pas vraiment de happy end. Alors, évidemment il y a des clichés, surtout dans le personnage de Dan, qui est tout ce qu'une femme peut espérer d'un homme (et donc complètement romanesque) mais c'est la loi du genre et c'est pour ça je suppose que les lectrices lisent ce genre de romans. Côté galipettes il y en a pas mal, elles sont assez détaillées, pas trop répétitives et écrites manifestement pour un public féminin. Une bonne surprise donc chers happy few! (comme quoi, tout est possible)
Mara Fox, Rêves de plaisir (Letting go), traduction de Sylvie Patrick
Megan Hart, Le secret (Dirty), traduction de Emma Paule
Le site des éditions Harlequin (des fois qu'il vous prendrait l'envie de vous abonner, on ne sait jamais chers happy few!)
Me voilà donc à la recherche d'un livre avec des galipettes inside. Or, avant d'avoir ouvert un roman, on ne peut pas savoir s'il contient de la galipette de qualité : on peut avoir de bonnes surprises en lisant une saga (ah, Jamie!) mais je ne comptais pas me lancer dans un roman fleuve sans galipettes-assurance. Bien, me dis-je donc en mon for intérieur, tu n'as qu'à lire quelque chose d'ouvertement érotique, comme ça il ne peut pas y avoir erreur sur la marchandise. Me voilà donc en train de demander à Sam-le-libraire de me conseiller un manga érotique hétérosexuel (je précise parce que Sam est affublé de l'étrange manie de vouloir toujours nous refiler un yaoi (manga homosexuel), sous prétexte qu'il a été primé et que c'est le seul de sa boutique qu'il a lu) (d'ailleurs, de guerre lasse, Caro[line] a fini par l'acheter, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour faire plaisir à son libraire). Sam me vend alors :
Step up love story, qui est en fait un manuel de savoir-faire à l'usage des jeunes gens inexpérimentés : je me suis poilée comme une baleine devant les schémas explicatifs (sic), les statistiques (durée des rapports, taille du membre masculin, etc) et les explications du frère et de la belle-soeur du personnage principal qui expliquent à notre jeune couple tout ce qu'il faut faire et comment et les écueils à éviter. C'est drôle mais ce n'est pas érotique pour un sou (même si les scènes sont crues). Me voilà donc de retour chez Sam, à qui je fais part de mes doléances en la matière. Embarrassé, il me vend alors :
Peach. Le héros est un jeune homme de 25 ans inexpérimenté (tiens, encore), qui va être initié aux délices de l'amour par toute une série de femmes plus jolies et audacieuces les unes que les autres. Je ne suis manifestement pas le coeur de cible de ce genre de mangas, bourré de clichés (mais qui, contrairement à l'autre, est érotique, lui) et apparemment destiné à un certain public masculin qui fantasme à mort et ne fait pas grand-chose. Je me suis plainte de nouveau à Sam, et j'ai abandonné la veine manga.C'est alors que germa collectivement, après un brainstorming intense, l'idée de lire un roman Harlequin.
Absolument.
Quand j'étais adolescente, j'en ai lu quelques-uns et j'ai le souvenir notamment d'un roman qui se déroulait au Kenya et qui contenait une scène décalquée de Out of Africa (celle où Robert Redford lave les cheveux de Meryl Streep) : je me rappelais donc que de la kulture de haute volée se dissimulait derrière ces couvertures ringardes... Kulture et Galipettes, que demander de plus ? Me voilà donc à la recherche d'un Harlequin. Déjà, première surprise, cela ne se vend qu'en supermarché. Qu'à cela ne tienne, je cours au Monop' (qui décidément me sauve la vie quotidiennement). Deuxième surprise, il n'y a pas de catalogue : les titres sont mis en vente tous les deux mois, plusieurs titres par collection, et retirés de la vente dès que les titres suivants paraissent. Troisième surprise, deux catégories correspondent aux galipettes pures et dures : Audace et Spicy. Ne me laissant pas abattre pour si peu, dans un souci de rigueur scientifique qui m'est habituel, je décide d'en lire un de chaque catégorie afin de comprendre la catégorisation (ben oui, si ça ne porte pas le même nom, c'est que ça ne doit pas être tout à fait le même genre, non ?). Et alors, vous demandez-vous, pantelants sous l'effet de ce teasing de folaïe ?
Et alors.
Dans la collection Audace (Sexy, impertinent, osé) (c'est le slogan, je n'invente rien)
Déjà, il faut arriver à garder son sérieux devant la couverture atrocement kitsch (et ne pas avoir honte à la caisse, n'est-ce pas Carolyn ?). L'histoire est celle d'Emma, une jeune femme traumatisée par le divorce de ses parents, et qui du coup ne fait plus confiance aux hommes (le fait qu'ils aient divorcé quand elle avait 22 ans ne semble pas changer quoi que ce soit, je ne suis pas Dr F. mais hum quand même). Poussée par son amie, la belle Tina, elle s'inscrit dans une croisière de célibataires où elle fait la connaissance du bel Andres qui en fait est un de ses collègues, tombé amoureux de sa voix au téléphone (vous suivez ?). Amour-passion-love-at-first-sight-clair-de-lune-cocktails-mains-baladeuses-et-plus-si-affinités mais il l'a manipulée et puis de toute façon voilà les hommes sont des menteurs, ouin, comment s'engager dans ces conditions, re-ouin, parce que quand même il est beau le Andres (qui en fait s'appelle Tony) (vous suivez toujours ?) et en plus il est doué au lit et en plus il a le sens de l'humour et il porte bien la chemise hawaïenne le bougre.Bref, vous l'aurez compris, ce fut un grand moment de littérature/poilade, que je veux tellement vous faire partager que j'ai sélectionné pour vous une petite citation, là comme ça, paf, cadeau (lisez avant de me remercier) : "Vos cheveux ont la couleur de la lune, et vos yeux, l'éclat du ciel à midi. Elle se sentit fondre. Cet homme si viril était aussi un poète." Je crois que cet extrait se passe de tout commentaire, non ? Et côté galipettes, me direz-vous ? Eh bien il y en a quelques-unes, surtout au début (après on est dans l'amûûûr donc ça passe moins de temps au lit, forcément) mais elles sont assez rapides et répétitives. Pas de quoi fouetter quiconque donc (pardonnez-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher).
Dans la collection Spicy (Romans érotiques)
Elle Kavanagh est une jeune femme brillante qui cache un terrible secret. Pour l'oublier, elle se noit dans l'alcool et s'étourdit dans les bras de nombreux amants de passage, à qui elle ne révèle jamais son nom. Jusqu'au jour où elle rencontre Dan...J'avoue tout chers happy few : ici on est dans une autre catégorie et pas seulement parce que c'est écrit sur la couverture. Ce roman est étonnamment bien écrit (d'ailleurs il ressemble plus dans sa présentation à un véritable roman qu'à un manuscrit pondu à la chaîne : il y a des remerciements en fin d'ouvrage et une dédicace au début) et bien construit. Les personnages sont vraiment bien campés, ils évoluent au cours du roman et Elle est attachante et crédible. On suit son histoire avec intérêt et, surprise, il n'y a pas vraiment de happy end. Alors, évidemment il y a des clichés, surtout dans le personnage de Dan, qui est tout ce qu'une femme peut espérer d'un homme (et donc complètement romanesque) mais c'est la loi du genre et c'est pour ça je suppose que les lectrices lisent ce genre de romans. Côté galipettes il y en a pas mal, elles sont assez détaillées, pas trop répétitives et écrites manifestement pour un public féminin. Une bonne surprise donc chers happy few! (comme quoi, tout est possible)
Mara Fox, Rêves de plaisir (Letting go), traduction de Sylvie Patrick
Megan Hart, Le secret (Dirty), traduction de Emma Paule
Le site des éditions Harlequin (des fois qu'il vous prendrait l'envie de vous abonner, on ne sait jamais chers happy few!)
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