L'arrière-saison - Yohan
Bon d’accord, j’ai un peu triché. Mais pour mon premier club des théières avec présence physique, j’avais bien le droit à un joker, non ? Parce que L’arrière-saison, c’est quand meme une forme de phénomène météorologique, dites ? Cela a surtout été l’occasion de découvrir Philippe Besson, mais il va falloir que je recommence.
Au bar Chez Phillies, un vieux barman, Ben, passe son dimanche soir avec une habituée, Louise. Elle attend Norman, qui doit le rejoindre après avoir rompu avec sa femme. Mais c’est finalement Stephen qui pénètre dans le bar. Soit l’ancien amant de Louise, qu’elle n’a pas vu depuis cinq ans. Plus que de retrouver l’homme qu’elle a aimé, elle craint la confrontation entre son passé et son présent amoureux. Mais les intrigues amoureuses sont souvent plus surprenantes que prévues…
L’idée de ce roman est originale : alors que certains racontent la création d’un tableau, Philippe Besson est ici parti d’un tableau existant, et il a voulu parler des personnages qui le composent. Ce tableau, c’est Nighthawks, de Edward Hopper. On suit donc l’histoire de ce barman et des trois personnages présents.
Il y a tout d’abord un élément qui m’a gêné : la temporalité. Hopper a peint son tableau en 1942, ce qui est visible par les vêtements, la décoration du bar. Besson décide de transposer l’action aujourd’hui, avec utilisation des téléphones portables, qui joueront d’ailleurs un rôle déterminant dans l’intrigue. De plus, il installe le café en bord de mer, ce qui ne me saute pas aux yeux quand je vois cette œuvre. Ces réserves sont malheureusement inhérentes à l’idée de départ, chaque lecteur arrivant avec sa vision de la situation, et le romancier avec la sienne. Un peu comme pour l’adaptation d’un livre au cinéma.
Le problème, c’est que Philippe Besson n’a pas réussi à me faire perdre ma vision pour adopter la sienne. Si la lecture est agréable, elle est sans vraie surprise. L’histoire de Louise, maîtresse qui attend son amant, est traitée assez souvent en littérature. Elle m’a d’ailleurs très vite fait penser à une chanson de Jeanne Cherhal, Un couple normal.
L’apport de Philippe Besson par rapport à cette chanson, c’est le retour de l’ancien amant. Ce qui rend le barman nostalgique du bon vieux temps où tout réussissait à ce couple. Et cette nostalgie m’a paru de trop, comme si tout se liguait pour que l’histoire finisse comme elle finit. Parce que la coïncidence du retour de l’ancien amant le soir où le nouveau doit quitter sa femme annonce déjà ce qui va se produire. D’accord, la fin est ouverte, mais cela n’a pas suffit à me convaincre.
Je n’ai pas passé un mauvais moment, mais cela m’a paru assez transparent et sans véritable passion. Mes collègues théières ont avancé l’idée que c’est un roman « pour filles » pour expliquer ma déception. Peut-être, même si je pense ne pas être complètement réfractaire à ce type de littérature,et qu'il ne m'a semblé que Philippe Besson écrit spécifiquement pour les dames. Ce n'est pas Bridget Jones ;-) Mais je réessaierai !!!
L’avis de Dda, une fan de la première heure et l’interview de l’auteur et l’avis de Laure, qui a abandonnée au bout de cinquante pages.