Rencontre du 11 novembre - La Nymphette
Rencontre du club des théières, deuxième…
En ce 11 Novembre, nous avons dignement honoré la mémoire de nos pères -enfin surtout les écrits de nos contemporains- en nous réunissant chez Delphine dans son charmant et très lumineux appartement. Le thème âprement débattu pendant ces dernières semaines avait finalement été sélectionné : La Cuisine. Et c’est donc en consommant abondances de mets sucrés préparés chaleureusement par les bloggeuses que nous avons entamé nos discussions.
Comme d’habitude, la discussion sur le thème a eu un peu de mal à s’imposer sur les babillages papotages et autres commérages Foenkinniens. Mais Delphine a fini par recentrer le débat en faisant démarrer Emeraude.
Natures Mortes au Vatican est un polar dans la tradition des polars historiques, mais plutôt dans la série des ratés. Un style des plus pompeux -l’utilisation du mot « carrosse » devrait être interdite, si ce n’est associé à « citrouille »- décrit pendant les 100 premières pages la Dolce Vita avant l’heure, sans entamer la moindre action, la moindre accroche. C’est donc douloureusement, avec une sensation de devoir non achevé qu’Emeraude s’est arrêté peu après l’enlèvement d’Arcimboldo. Fashion n’a pas semblée découragée par cette description, et malgré la lecture d’un début de chapitre du niveau d’un Harlequin en costume a emporté le roman dans sa besace.
Stéphanie, qui n’avait pas pu venir la dernière fois, s’est rattrapé en amenant double ration de Muffins, Myrtille et pomme-cannelle. Elle a lu Comment cuisiner son mari à l’africaine ? de Calixthe Beyala. Malgré des débuts prometteurs, elle s’est un peu ennuyée de la course au mari menée par l’héroïne, déplorant que sa culture africaine et sa lutte acharnée pour s’intégrer ne soit pas davantage dépeinte. Heureusement, j’étais là pour défendre Calixthe : pour moi tout le récit est la lutte entre l’envie d’être une femme indépendante à l’occidentale, séduisante façon blanche et le désir de rester africaine, de se marier avec un bon africain et de le garder. Mais c’est peut-être mon attachement à ma culture d’origine –réunionnaise- qui m’a sensibilisé sur ce point.
Papillon quand à elle s’est attaquée au « dîner de Babette », dont elle pensait qu’il était le sujet principal du roman. Mais surprise : ce n’est pas un roman, mais un recueil de nouvelles, et le dîner de Babette n’occupe qu’un chapitre d’une des nouvelles. Toute désarçonnée, Papillon a quand même poursuivi et tranche : Le dîner – ou du moins la nouvelle décrivant ce dîner- est la meilleure du recueil, et l’auteur gagne davantage à être connu via La ferme africaine de K BIXEN.
Ce fut d’ailleurs l’occasion d’évoquer une situation scandaleuse : il semble en effet que de nombreuses bloggeuses n’aient pas vu « Out of Africa », défaut de kulture que nous nous devons de rectifier ! Je propose d’organiser une séance de visionnage dans mon humble demeure au mois de janvier pour corriger cette faute de goût !
Tamara fidèle à sa passion pour les recueils de nouvelles s’est attelée à une auteure du genre : C CASTILLON dont elle a lu le court récit : La Reine Claude. Rien à voir ici avec le fruit juteux et gorgé de soleil, puisque c’est d’un cancer du cerveau qu’il s’agit et d’une obscure histoire de maîtresse cachée. Même le rythme a semble inadapté à Tamara qui a terminé le livre uniquement pour rétablir sa réputation de bonne élève ! Pour rattraper son envie de gourmandise, elle nous a présenté un beau livre illustré comprenant de petits textes et de belles illustrations rappelant les buffets gargantuesques.
Notre Bérénice à nous, après nous avoir ravi en nous informant qu’un poste s’ouvrait à Quimper et qu’elle pourrait peut-être enfin rejoindre sa famille, nous a parlé de Mangez-moi D’Agnès DESHARTES. Elle ne semble pas avoir été ravie de cette lecture qu’elle a trouvée un peu fastidieuse, longue à démarrer malgré quelques très beaux passages et personnages –dits façons Anna GAVALDA, tout cassés et qu’on a envie de réparer-
Ce sont Chiffonnette et Fashion qui ont poursuivis avec La colère des aubergines –point d’aubergines vengeresse dans cette histoire, mais plutôt des nouvelles racontant des femmes pour qui la cuisine est tout. Joute de buffets de mariage entre les familles des mariés, jeunes filles à marier qui se désespèrent en dégustant daals, pakoras et autres délices d’orient. Elles ont toutes les deux été touchées par la grande sensibilité de l’auteur à retranscrire saveurs, odeurs et émotions culinaires.
Delphine a été très prolixe : partie pour lire Les sœurs chocolat, elle s’est retrouvée avec Voyage en gourmandise et Conseillère cuisinière, qui ont bondi dans son caddie. De chacune de ses lectures, elle nous a raconté quelques passages qui l’ont émue, sa préférée étant Voyages en gourmandise. Quant aux sœurs Chocolat malgré un début préparant à des dévergondages terribles, elles n’ont pas bouleversé Delphine mais ont trouvé preneuse auprès de Chiffonnette. Elle a également lu Mangez-moi qu’elle a beaucoup aimé.
Caroline a été très loin dans sa recherche, elle nous a découvert un « concept d’écriture » : le roman-cuisine. L’idée est la suivante : des nouvelles ou récits très courts auxquels sont rattachés des recettes et illustrations. A ce jour deux du genre ont été édités : Incognito et Hot-Dog. Sur ces deux romans, c’est surtout le graphisme qui l’a séduite, n’étant pas elle-même cuisinière et les textes présentant un intérêt limité. Elle nous a quand même préparé des cookies qui ont ravi mon palais et mon goût pour le -très- croquant.
Pour finir, un petit balayage des thèmes - pays proposés pour la prochaine séance : Australie, Irlande, Angleterre, Brésil ou Italie si le cœur vous en dit….
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