Sylvie Germain, Le livre des nuits - Emeraude
Au départ, j’avais voulu parler d’un des livres de Anne Rice et puis je suis tombée par hasard sur ce titre, qui correspondait si bien au thème, et de cette auteure dont j’ai beaucoup aimé le dernier livre ‘magnus’
Il est difficile d’en faire le résumé. C’est tout simplement l’histoire d’une famille, de la famille Pléniel, sur plusieurs générations.
Le livre est fait en six parties : nuit de l’eau, nuit de la terre, nuit des roses, nuit du sang, nuit des cendres, nuit nuit la nuit.
Chaque partie correspond à peu près à une période de vie de la famille. Sachant que la première correspond à celle des ancêtres qu’on ne verra plus jamais après et que toutes les suivantes tournent autour du personnage principal qu’on connaîtra sous différents noms mais principalement Nuit d’Or Gueule de Loup, le père de la génération et grand-père par la suite.
J’ai été déroutée au début car je ne comprenais pas de quoi il s’agissait.
Et puis au fil des pages j’ai trouvé ces éléments magiques qu’on trouve dans ‘100 ans de solitude’ de Marquez. Une famille qui n’engendre des enfants que par paire (et une fois des triplés), un homme qui a des tâches d’or à l’œil gauche et qui transmet cela à tous ses enfants, une fille avec une tâche lie-de-vin dont un mince filet de sang coule dès que quelqu’un va mourir, une mère qui meurt parce qu’elle sait qu’il va y avoir beaucoup de morts.
J’ai aimé cette partie un peu fantastique même si c’est beaucoup moins bon que ‘100 ans de solitude’
J’ai aimé au début le fait qu’on ne sache ni où on est (à part au bord de l’eau ou bien au centre de la Terre sur une ferme haute dans un village qui comprend 17 maisons) mais plus on avance dans le temps, plus on sait où et quand le récit se passe.
Cela ôte beaucoup de magie et c’est dommage.
Cependant, l’écriture de Sylvie Germain est forte (je n’ai retrouvé en rien ce que j’ai lu dans Magnus, les livres ayant été écrits à une quinzaine d’années d’écart).
Lorsqu’elle raconte les guerres, les folies, les histoires passées, les mythes, on est pris dedans.
Et je dois avouer que toutes ces lignées de jumeaux m’ont beaucoup touchée. Surtout lorsqu’elle raconte la mort de l’un des jumeaux. Comment aurai-je pu ne pas me sentir directement concernée ? Comment aurai-je pu ne pas aimer ?
Pourtant, j’ai un sentiment bizarre au sujet de ce livre.
J’ai lu l’histoire d’une famille un peu étrange, certes, mais je ne sais pas quel est le but de cette histoire.
Avec « cent ans de solitude », je me suis sentie m’envoler, je me suis sentie émerveillée, j’étais comme une gamine qui voyageait de part le monde tout en restant au même endroit.
Tout comme « cent ans de solitude », il était parfois dur de se souvenir qui était qui, le père ayant eu 3 femmes différentes, les enfants étaient partis, revenus etc.
Ici, et je crois que le titre prend alors toute sa valeur, je n’ai senti que de la peur. De la peur et comme un étrange frisson. J’ai cru être dans une forêt noire tout au long du roman où ma plus grande peur était présente sous mes yeux, noir sur blanc à plusieurs reprises : survivre à son jumeau.
Finalement, je crois que ce livre m’a beaucoup touchée sans vraiment m’avoir plu tant que ça.
C’est un livre fort mais qui aurait pu être beaucoup mieux écrit.
Ou alors c’est ce sentiment de froid, de noir, et de toutes ces choses malheureuses et pessimistes qu’il m’a fait ressentir qui me fait dire que ce livre n’est pas si bon que ça.
En tout cas, ça me donne envie de lire de nouveau du Sylvie Germain car une chose est sûre, elle sait faire passer des émotions !
Sylvie Germain, Le livre des nuits, Folio Gallimard, 1987, 336 p.
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