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  • : Tout est partie d'une drôle d'idée.... Celle de réunir un certain nombre, voire un nombre certain de LCA parisiennes autour d'une tasse de thé et de livres. Et voilà le résultat! Des livres qui se baladent, des gâteaux à gogo, des théières sans fonds et des notes de lecture à foison!
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Vendredi 9 mai 2008

Mesdames, medemoiselles et messieurs, sous vos yeux ébahis, le thème de la prochaine rencontre!! Après vote en bonne et dû forme sous la surveillance de notre huisser*, il s'agit *roulements de tambours, froissement de l'enveloppe, roulements de tambours, la feuille volete, roul*, il s'agir des CREATURES DE LA NUIT!
Et là, le suspens est à son comble! Edward étant désormais interdit à la plupart des théières en folie, sur quoi va se porter le choix! Un loup-garou (nan Fashion, pas Jacob)? Une sorcière en plein touillage de potion? Un autre vampire, quitte à faire des infidélités à Edward? Une gole? Une bestiole bizarre?
Réponse au prochain épisode!


*Maître Yahoo Groupes en personne

par Le club des théières publié dans : Les créatures de la nuit
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Vendredi 9 mai 2008

Il y a à peine 15 jours (hum, hum), je me rendais à ma première rencontre du Club des Théières, joyeux goûter entre LCA parisiennes (sauf une qui vient presque de province, rendez-vous compte! Si c'est pas malheureux, ça... Tss, tss, tss...) qui papotent lecture autour d'un thème précis... Pour la dernière fois, nous devions lire un livre publié l'année de notre naissance... Je ne pensais pas que ce serait si difficile d'en trouver un! Bon d'accord, ma PAL ne fait même pas encore 3 chiffres, donc ce n'était pas étonnant que je n'y trouve rien de mon année, mais même via le net il est difficile de trouver son bonheur en-dehors des prix littéraires...

Je ne sais plus sur quel site j'ai découvert qu'Enfance avait obtenu le prix Livres Hebdo du livre de l'année l'année de ma naissance, alors vu que son titre collait bien avec le thème et aussi que c'était un des rares titres de la liste des primés dont j'avais déjà entendu parler (!), j'ai jeté mon dévolu sur celui-là...

 

Je vous dirai pour commencer quelques mots sur l'auteur : Nathalie Sarraute, la maman de la Claude du même nom, est née en 1900 en Russie (près de Moscou, pour être plus précise) dans une famille juive aisée et cultivée. Ses parents se séparent très tôt et elle vit d'abord avec sa mère, à Paris puis à Saint-Pétersbourg, avant d'aller de retourner vivre en France, avec son père cette fois (exilé à cause de ses idées révolutionnaires), alors qu'elle a huit ans. Elle ne reverra plus sa mère que très sporadiquement. Elle poursuit des études d'anglais, d'histoire, de sociologie et de droit entre Oxford, Berlin et Paris et devient ensuite avocate. Son premier livre, Tropismes, est publié en 1939. En tant que juive, elle doit se cacher pendant la deuxième guerre mondiale, et se consacre à l'écriture. Elle publie de nouveau en 1948 et devient une des figures phares du courant du nouveau roman. Elle s'attachera, entre autres, à "détecter les « innombrables petits crimes » que provoquent sur nous les paroles d’autrui [ce qu'elle appelle "tropismes"]. Ces paroles sont souvent anodines, leur force destructrice se cache sous la carapace des lieux communs, gentillesses d’usage, politesses… Nos apparences sans cesse dévoilent et masquent à la fois ces petits drames". (extrait de l'article consacré à la madame sur notre ami dont le nom commence par "Wiki" et finit par "pédia"). Enfance sera son avant-dernier livre publié (à 83 ans, tout de même. Le dernier, Ici, est sorti l'année de ses 95 ans!).

 

Me voici donc, avec entre les mains mon folio qui commence comme ça :
" - Alors tu vas vraiment faire ça? "Evoquer tes souvenirs d'enfance"... [...]
- Oui, je n'y peux rien, ça me tente, je ne sais pas pourquoi..."

 

Et ça démarre, essentiellement à la première personne et au présent de l'indicatif : Nathalie Sarraute, ou plutôt Natacha Tcherniak, nous raconte des souvenirs à elle, par flashes, en essayant de s'en tenir le plus fidèlement possible à ce qu'elle a vu, senti, ressenti ou pensé sur le moment, et en séparant bien ce qui est de l'ordre de l'analyse postérieure qu'elle a pu faire de ces souvenirs. Chacun de ces souvenirs peut prendre de une à dix pages, être plus ou moins brut de décoffrage...

 

On retrouve régulièrement cet interlocuteur par la voix duquel s'ouvre le livre et qui tutoie Nathalie Sarraute : sa conscience, son double, dont le rôle et le ton changent au fil du livre et qui, selon les passages, est plus ou moins bien distinct de la narratrice. Si au départ cet interlocuteur se montre plutôt méfiant par rapport aux dires de la narratrice principale, l'interpellant sur ses raisons de raconter un souvenir de telle façon plutôt que de telle autre, sur les déformations qu'elle pourrait apporter aux faits réels, etc. plus tard il devient presque contributeur du récit, s'accordant même une petite incursion dans le "je", surenchérissant sur l'autre, complétant un récit ou précisant un détail sans même que la narratrice "officielle" ne semble plus remarquer sa présence... Parfois, ce que je vais finir par appeler Gemini Cricket pour-lui-donner-un-nom-quand-même, questionne Nathalie pour l'amener jusqu'à une réflexion ou une conclusion précise.

 

Cela donne des souvenirs plutôt "dépassionnés", décrits dans l'ordre chronologique mais en pointillés, comme on peut soi-même se rappeler des bribes de son enfance, gardant un souvenir très net d'une scène pas particulièrement édifiante mais un trou béant sur une période qui aurait dû être primordiale dans sa vie. On retrouve aussi le décalage entre la vision de l'enfant et celle de l'adulte, qui fait que le souvenir est focalisé sur ce qui intéressait l'enfant à l'époque et non pas sur ce que l'adulte aimerait savoir rétrospectivement (suis-je claire??! O_o ).

 

Tout ceci est plutôt agréable à lire, certains souvenirs sont savoureux comme si c'étaient les nôtres (les passages évoquant la grand-mère notamment, vers la fin du livre). On suit la petite Natacha ("Tachok" comme l'appelait affectueusement son père quand elle était toute petite) depuis ses 5 ou 6 ans, entre chez sa mère et son père, à l'école (qu'elle adore, surtout la récitation et aussi les rédactions qui lui permettent d'utiliser tous les beaux mots qu'elle connaît mais qu'elle ne peut pas employer tous les jours), sur un banc dans le parc... et jusque dans le tramway de son premier trajet vers le lycée Fénelon, où Nathalie Sarraute situe la fin de son enfance.

 

Je trouve qu'Enfance est un livre dont il est vraiment difficile de parler (je n'ose pas vous dire le temps que j'ai passé à rédiger ce billet!), mais qui ne manque certainement pas d'intérêt, notamment pour les questions sur la sincérité vis-à-vis de soi qu'il soulève.
par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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Vendredi 9 mai 2008

Ce livre de Barjavel est paru l'année de ma naissance et répondait donc au thème du dernier club des théières. Il ne s'agissait pas d'une découverte mais d'une relecture rapide (j'ai failli venir sans avoir fait mes devoirs). Je reste un peu mitigée...
Loin des récits plus contemporains de Barjavel, celui-ci nous plonge dans un univers médiéval. Preux chevaliers et belles au teint de lait, magie et christianisme primitif, voilà le cadre de vie de l'enchanteur, le grand Merlin, qui initie la quête du Graal. Merlin, fils du Diable mais ami de Dieu, soutient le brave roi Arthur. Il guide son règne et rassemble autour de lui des chevaliers plus forts les uns que les autres. Lequel sera assez pur pour mettre fin à la quête ? assez fort pour vaincre les obstacles du chemins et ne pas céder à la folie ou à l'amour ? Réunissant les personnages de Chrétien de Troyes dans un roman qui se veut à la fois une nouvelle légende arthurienne et une belle histoire d'amour(s), Barjavel introduit des éléments humoristiques et décalés (boite de conserve, building avec ascenseur). Perceval, Galaad, Lancelot, Morgane, Guenièvre, Yvain... tous sont en scène, plus ou moins manipulés par Merlin qui oublie souvent que la liberté et l'imprévisibilité des hommes peut faire échouer bien des calculs. Lui-même, résistera-t-il à la merveilleuse Viviane, la belle dame du lac ?


par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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Lundi 7 avril 2008

Arrivé à la cinquantaine, Oki décide d’aller écouter les cloches du nouvel an sonner à Kyoto. Là-bas vit Otoko, celle qui, à l’âge de 16 ans, a été sa maîtresse. Devenue un peintre renommé, celle-ci vit seule avec une élève, Keiko. Une élève diaboliquement belle. Une élève qui va décider de venger ce qu’a subit son maître quand bien même, celle-ci ne le désirerait pas.

 

Tristesse et beauté est un roman étrange et envoûtant. Etrange par l’histoire qu’il raconte. Envoûtant pas l’atmosphère qui s’en dégage, faite de tensions, de non-dits, de regards échangés, d’une certaine étrangeté qui s’installe petit à petit.

Dans cette dernière œuvre publiée avant sa mort, Yasunari Kawabata mêle plusieurs thèmes.

Le premier, le plus simple à percevoir est sans nul doute celui de l’amour. Ou plutôt des formes diverses que prend l’amour.

Il y a l’amour d’Oki pour la jeune Otoko, l’amour d’un trentenaire pour une jeune adolescente. Un amour fou, violent qui va presque mener la jeune femme à la folie et qui n’est pas mort vingt ans plus tard, malgré la séparation.

Il y a l’amour (ou la haine) conjugal, fait de trahisons, de renoncements, et d’un attachement né de l’habitude que partagent Oki et sa femme légitime.

Il y a l’amour maternel : celui de la mère d’Otoko pour sa fille, celui de la femme d’Oki pour son fils.

 Et surtout, il y a l’amour que partagent Keiko et Otoko. Un amour qui dépasse d’autant plus les convenances qu’il lie un maître et son élève, deux femmes, deux artistes.

Keiko est une jeune femme de 19 ans, pleine d’absolue et d’amour. Sa décision de venger l’outrage fait à Otoko par Oki lorsqu’il l’a quittée alors qu’elle venait de perdre l’enfant qu’il lui avait fait est irrévocable. Irrévocable mais bien difficile à comprendre. Est-ce par jalousie parce qu’elle sait au fond d’elle même qu’Otoko aime toujours Oki ? Est-ce par jeu ? Est-ce pour vérifier sa force morale ? Sa démarche, pour absurde qu’elle paraisse lui est essentielle. C’est un personnage difficile à cerner, à comprendre. Chacune de ses réponses, chacun de ses actes font sens et en même temps lui permettent d’échapper à toute tentative de compréhension. Elle joue avec ceux qui l’entourent comme avec des marionnettes apparemment, mais en même temps, elle apparaît comme fragile, dépendante. Elle est beaucoup plus troublante qu’Otoko, la plus âgée, l’initiatrice de leurs amours saphiques. Celle-ci a atteint une forme de renoncement, de sérénité qui la voir préserver son amour de jeunesse, son amour pour sa mère en les transcendant dans sa peinture et dans une vie en retrait du monde. A travers elles, ce sont aussi deux Japon qui apparaissent, l’ancien et le nouveau. Deux âges de la vie.

Par petites touches, par des mots, des attitudes, des regards, se dessinent les relations complexes qui lient les personnages. C’est d’ailleurs parfois assez difficile à appréhender pour le lecteur. Il faut creuser, chercher à comprendre soi-même ce qui n’est jamais expliquer. Pas de motifs aux actes, ou très peu. Juste des faits. Cette manière de rester en surface peut être déstabilisante, mais lorsqu’on s’y habitue, on commence à percevoir la richesse que recèle cette manière d’écrire, de décrire.

Mais ce que j’ai apprécié par-dessus tout dans ce roman est l’art des descriptions, parfois poétiques, parfois lourdes des tensions et des lignes de forces qui lient les personnages. Quand au détour d’une page on tombe sur ces lignes magiques, on respire soudain, et on voit se matérialiser un paysage, un visage.

« Dans le jardin du Temple des Mousses un camélia rouge était tombé sur la mousse d’un vert éclatant, jonché de petites andrômèdes blanches. Le camélia tournait sa corolle vers le haut, comme s’il avait fleuri sur la mousse. Et dans le jardin du Ryôkan-Ji, les pierres que la pluie avait mouillées miroitaient chacune à sa manière. »

C’est à travers cela que l’art naît. La peinture d’Otoko, celle de Keiko aussi, et les phrases d’Oki. Tristesse et Beauté est aussi une réflexion sur l’art, sur l’inspiration. Sur la manière de traduire une vie intérieure pour la donner à voir au monde. Sur la pérennité qu’offre l’art à l’amour, à la vie, au beau et au laid.

Ce roman de Kawabata est d’une telle richesse qu’elle est difficile à appréhender en une seule lecture. J’en retiens la complexité, la beauté mélancolique, et aussi la hardiesse. Car s’il y a beaucoup de non-dits, les corps parlent, et les étreintes ne sont pas passées sous silence, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles. Sans vulgarité aucune. 

 

Une belle lecture.

 

 

L'avis de Papillon

 

par Le club des théières publié dans : Année de naissance
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