Je suis une légende, Richard Matheson - Carolyn Grey

Publié le par Le club des théières


Je suis une légende
, de Richard Matheson, est un roman culte de la SF. Le sujet : une mystérieuse pandémie a transformé tous les êtres humains en vampires, à l'exception d'un seul homme, Robert Neville, qui a perdu sa femme et sa fille dans la catastrophe. Neville est désormais complètement seul, et sa vie s'organise selon une routine immuable : le jour, il traque les vampires afin de les exterminer ; la nuit, il se cloître chez lui pour échapper à leurs instincts sanguinaires.

Première surprise : il y a moins d'action dans ce roman que je ne l'avais imaginé.
La première partie décrit l'existence quotidienne du héros, la manière dont il s'organise pour survivre dans une ville dépeuplée et échapper aux hordes de buveurs de sang qui veulent sa peau. Tous ses sentiments sont passés au peigne fin : ses accès d'angoisse et de désespoir qu'il noie dans l'alcool, sa solitude (qui culmine dans les scènes où il essaie d'apprivoiser un chien rescapé), son exaltation lorsqu'il découvre des explications scientifiques ou psychologiques au phénomène du vampirisme.

Le roman prend un tournant avec l'apparition d'un autre personnage, une femme énigmatique avec laquelle une histoire d'amour va s'ébaucher (histoire pas très crédible à mon avis et qui tombe comme un cheveu sur la soupe). Le dénouement du roman est en revanche très réussi : un véritable retournement de situation s'opère avec le twist final, qui donne tout son sens au titre "Je suis une légende".

Au final, j'ai quand même été un peu déçue par ce livre. Il était sans doute très novateur à l'époque de sa sortie, en 1954, mais il a du mal à surprendre aujourd'hui. Enfin, personnellement, je n'ai pas été scotchée. Reste cependant une bonne histoire, originale et oppressante, avec quelques scènes assez angoissantes (comme lorsque Neville, sorti en ville, découvre avec horreur que sa montre s'est arrêtée et que les vampires l'attendent probablement devant sa porte...). Bref, un récit efficace.

Voilà, il me reste à présent à voir le film avec Will Smith. D'après ce qu'on m'a dit, la fin n'a rien à voir avec celle du livre et change totalement le sens du titre.
   
Lu dans le cadre du
Club des théières.

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S
Bonjour,<br /> <br /> Le problème de "Je suis une Légende" est surtout de ne pas avoir su s'affranchir de son héritage romerien pour offrir un film de zombies à la symbolique bien fade en regard du roman original.<br /> <br /> Le bouquin de Matheson questionnait le lecteur sur la notion de normalité et de monstruosité sur la thématique du "Qui sont les véritables monstres ?". Romero a fait de même avec sa saga, plaçant des zombies en place des vampires.<br /> <br /> Ici, Francis Lawrence ne soulève aucune réflexion intéressante et ne propose qu'un divertissement bien peu satisfaisant à côté du remake de Zack Snyder ("L'Armée des morts") ou de la saga initiée par Danny Boyle ("28... plus tard"). En outre, l'aspect numérique des infectés est peu convaincant et la destinée de Neville en totale contradiction avec le roman.<br /> <br /> On peut s'éloigner de ses inspirations pour offrir une œuvre plus personnelle. Romero l'a fait sans problème avec sa "Nuit des morts-vivants" (qui s'inspirait déjà du livre de Matheson). Mais il aurait été beaucoup plus honnête alors de baptiser le film autrement, à l'instar de Boris Sagal et de son "The Omega Man" (le film de Lawrence y reprend d'ailleurs la symbolique christique). Et si Lawrence propose un film plus agréable que celui de Sagal (qui n'a que peu d'intérêt aujourd'hui, si on excepte la présence de Charlton Heston), il propose aussi une adaptation très mauvaise du livre.<br /> <br /> Pour l'instant, l'adaptation officielle la plus convaincante est de loin "Last Man on the Earth" avec Vincent Price ; même si je préfère la variation libre de Romero et sa saga des morts-vivants...<br /> <br /> Amicalement,<br /> <br /> Shin.<br /> <br /> PS: La version alternative de film de Francis Lawrence offre néanmoins un compromis intéressant, à défaut d'être parfait.
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G
Un livre que j'ai trouvé particulièrement palpitant. Aucune des trois adaptations cinématographiques qui en ont été faites ne lui rend vraiment justice pour moi, même si j'ai une petote prédilection pour celle avec Will Smith. Finalement, je crois que c'est LA NUIT DES MORTS-VIVANTS, adaptation très officieuse du texte de Matheson, qui en retranscrit le mieux l'ambiance.
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