L'homme à l'envers, Fred Vargas - Lucile
Je progresse! Je progresse car pour le Club des Théières du mois de mai, j'en étais à la moitié de mon livre lors de notre réunion (goûter?) dimanche, alors qu'en avril je l'avais simplement dans les mains au jour J (et je l'avais lu avec beaucoup de retard, comme vous vous en rappelez sans doute, puisque le billet dédié doit se trouver à 3 ou 4 posts sous celui-ci...). Bref tout ça pour dire que même si je suis de nouveau en retard, c'est pas "si pire" que la dernière fois.
Pour leur rencontre du mois de mai, les Théières devaient lire quelque chose en rapport avec les créatures de la nuit. Or il se trouve que j'avais dans ma PAL le livre idéal, et pour coller à ce thème, et pour me changer de mes précédentes lectures : un Vargas qui parle de loup-garou!! Brrrrr!
Alors, que je vous raconte un peu! L'histoire démarre donc dans le massif du Mercantour où Camille, musicienne et plombier (oui je sais c'est étrange, mais c'est comme ça, c'est du Vargas), vit depuis 6 mois en compagnie de Lawrence, un Canadien baraque, beau gosse et plutôt sauvage (il se fait comprendre en ne prononçant que le strict minimum de mots) qui est là pour étudier les loups. L'histoire démarre un peu comme ce qu'on a pu voir dans les Pyrénées au sujet des ours récemment : les grands prédateurs font du dégât dans les troupeaux de brebis et la population s'érige en "pros" et "antis", les bergers sont contre, les Parisiens sont pour. En gros. Sauf que voilà, dès les premiers massacres de brebis, quelque chose cloche : les traces de morsures désignent un loup d'une taille hors du commun et les animaux tués n'ont pas été dévorés. Au fur et à mesure que les agressions de troupeaux se poursuivent renaît sourdement le mythe de la bête du Gévaudan, puis celui du loup-garou, "l'homme à l'envers" (parce qu'il a les poils à l'intérieur... A ce sujet, dans le temps quand on soupçonnait quelqu'un d'être un loup-garou, on l'ouvrait sur toute sa longueur pour trouver les poils... Evidemment il a dû y avoir un paquet de déçus...). Et ensuite (ou bien était-ce avant?), des meurtres surviennent selon le même mode opératoire sur une route bien définie... L'équipée improbable constituée d'un vieillard, d'une femme (Camille) et d'un "enfant" part alors sur les routes à la poursuite du loup-garou dans une vieille bétaillère...
Rhalala, ça fait du bien de lire un bon petit polar qui, pour une fois, se passe au grand air! Ici point de ruelles sombres et puantes, de commissariat bruyant, ou même de maison victorienne... L'homme à l'envers sent le suint de mouton et la transpiration due au soleil qui cogne sur les parois métalliques d'une bétaillère, on s'y aventure sur des routes à flanc de montagne en un "roade-mouvie" (comme dit l'un des personnages) plutôt épique et c'est fort plaisant! L'intrigue est bien montée : parfois on suit des fausses pistes, et à d'autres moments on devine ce qu'il en est sans pouvoir tout comprendre de soi-même... jusqu'à ce qu'Adamsberg vienne éclairer notre lanterne...
Car oui, évidemment on retrouve le commissaire Adamsberg dans cet opus ; je dois dire que j'adore ce personnage pour son côté intuitif et non-conformiste, sa façon de toucher dans le mille en passant le plus clair de son temps à rêvasser... Dans ce roman, il intervient assez tard dans l'intrigue mais ce n'est pas gênant étant donné qu'il se passe tout de même des choses avant qu'il n'entre complètement en scène.
Bon alors, à ce stade je dois vous avouer quelque chose (mais m'étant faite pincer par Fantômette, cela aurait bien fini par se savoir) : je lis les Vargas dans le désordre. Oui je sais c'est horriblement mal, mais sachez du moins que ce n'est pas par choix... Ca s'est présenté comme ça, et voilà, j'ai commencé par Debout les morts, puis Coule la Seine, Dans les bois éternels, Pars vite et reviens tard, Sans feu ni lieu, Un peu plus loin sur la droite et maintenant celui-ci soit à peu près le plus en désordre possible!!! Pourquoi je vous dis ça? Ben juste parce que du coup j'ai un peu de mal à me situer dans l'histoire Camille/Jean-Baptiste Adamsberg et que donc je ne préfère rien en dire de peur d'en dire trop ou de me tromper... Le point positif, c'est qu'il m'en reste quelques-uns à lire!
Bon donc pour reprendre (et finir!), j'ai beaucoup aimé ce Vargas, et je pense que c'est mon préféré avec Dans les bois éternels (les autres m'ayant un peu déçue du point de vue des intrigues, malgré le style Vargas toujours aussi efficace et plaisant à lire) et donc je vous le conseille vivement... Et, heu.... essayez de les lire dans l'ordre, c'est quand même mieux! ;-)
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